La technique du Float au poker
Qu’est-ce que le "float", ou floating? Le float est une technique légèrement complexe utilisée par les joueurs expérimentés ayant pour but d’écarter un adversaire à moindre coût. Généralement vous suivez une relance prèflop, puis vous n’hésitez pas à tenir la relance de votre adversaire à la sortie du flop . A la turn, si votre adversaire faiblit en effectuant un check, vous misez avec l’idée de ramasser le pot. Vous aurez préalablement analysé qu’il y ait de fortes chances que le joueur en face se couchera. Voici un bref résumé synthétique du float. Bien qu’il paraisse simple en apparence quelques subtilités doivent être cependant développées.Le float est une opportunité qui se saisit ponctuellement
Pas besoin d’avoir une bonne main pour effectuer ce genre d’action, raison pour laquelle c’est habituellement considéré comme un bluff. Comme tout bluff, il faut la bonne situation et le bon joueur afin d’avoir le maximum de réussite. D’ailleurs, il serait judicieux de dire qu’il vous faut toujours la position. Vous ne pouvez pas check-call au flop puis miser au turn après le check de votre adversaire, sinon vous allez à la catastrophe sur la river. Le float requiert une réelle position, grâce à laquelle vous aurez l’opportunité d’exploiter toutes les faiblesses possibles au turn.
Le float se joue idéalement en tête à tête
De plus, il est préférable d’être en heads-up. Vous ne pouvez pas utiliser le float contre deux joueurs. Si le troisième suit la mise au flop, c’est qu’il détient probablement quelque chose. Vous pouvez essayer de l’éliminer du coup, mais sortir quelqu’un possédant un jeu correct est chose difficile, surtout en basses limites. Néanmoins vous pouvez suivre preflop derrière un autre joueur. Que ce dernier se couche, suive ou relance au flop sur une relance du premier joueur, si vous vous retrouvez en face à face vous aurez la meilleure position pour appliquer le procédé.
Pour jouer un float on doit avant tout choisir son adversaire
Le type d’adversaires propices au float, sont ceux qui abandonnent à la moindre résistance. Il y a une phrase en particulier que j’entends lorsque je joue : « Mec, je déteste A-K ! » Voici le joueur idéal. Ils vont relancer preflop, faire une continuation bet au flop puis check-fold au turn s’ils n’ont pas amélioré. Vous pourriez les relancer au flop, mais la stratégie ne pourrait pas marcher, donc concentrez-vous sur la démarche à suivre. Ajouter à ce type de phrase, j’observe également ceux qui relancent preflop, continuation bet au flop, puis s’arrêtent d’attaquer. Si vous voyez que cela arrive au moins deux fois, vous avez un très bon candidat. Il vient de démontrer sa non-volonté à mettre la pression. Il baisse les bras dés que son attaque au flop été suivie. Son continuation bet représentait pour lui sa dernière tentative pour arracher le pot.
Explication Mathématique du float
Testons votre compréhension. A une partie de No Limit Texas Hold’em $0.50 / $1 vous êtes seul à suivre une relance de $3 avez 5♦-6♦. Le flop est 10♠-7♠-3♥. Votre adversaire, qui a un style de jeu plutôt classique, et qui auparavant a dit dans le chat qu’il détestait A-K, mise $4,50 au flop. Il lui reste $100 et vous avez davantage. Combien d’outs possédez-vous ?
Ou plutôt devrions nous dire combien de cartes ne sont pas favorables à votre adversaire et deviennent autant de outs pour vous.
Devriez-vous suivre ? Si vous répondez 4 outs, alors relisez l’article. Les joueurs avec A-K détestent voir les tirages quintes et couleurs. Je repose donc ma question : combien d’outs avez-vous ? 15, si l’on prend en compte les piques. Si vous misez il se couchera, à moins qu’il ait l’A♠ ou le K♠. S’il suit, il lui faudra tout de même encore un autre pique sur la river.
Si un J, 10, 9, 8, 7 ou 6 arrivait au turn, soyez sûr que votre adversaire sera également méfiant. S’il possède A-K ou A-Q, votre nombre d’outs s’étend à 41. Vous ne pouvez pas être certain du nombre d’outs que vous avez afin de voler le pot. Contre ce genre de joueur, il faut compter entre 4 et 41.( 4 s’il possède un brelan de 10, et 41 s’il possède As et Dame dépareillés)
Envisageons que vous tombiez contre un brelan de 10, vous détenez 4 outs au minimum. Toutefois, les chances que votre adversaire ait un brelan de 10 sont de 5%. Les chances qu’il ait A-K, A-Q ou une grosse paire sont plus élevées.
Devriez-vous donc suivre les $4,50 ? Le pot est désormais de $12, ce qui vous fait une côte d’un peu moins de 3 contre 1. Dans ce cas de figure il serait nécessaire d’avoir 12 outs. La question est donc : les avez-vous ?
Le calcul des combinaisons possibles
Votre adversaire est serré et déteste A-K. De plus, vous n’avez aucune lecture sur lui. Une relance preflop indique A-K, A-Q ou une grosse paire. Selon la distribution des cartes il y a six possibilités de combinaisons de la paire de 10 à A-A. 16 fois deux combinaisons A-K et A-Q. Contre 30 des 32 (As) dépareillés vous avez 41 outs, (ce qui d’ailleurs arrive 54% du temps). Deux de ces combinaisons sont assortis aux piques. Elles sont dangereuses, et peuvent vous coûter beaucoup d’argent si vous tenter le float et que votre adversaire trouve sa couleur. Cependant, il vous reste plein d’autres outs. Je dirais 32. Contre les 18 As, Rois et Reines, vous avez probablement 20 outs (les 10, couleurs et quintes), bien que vous puissiez encore réduire de deux outs si vous pensez que votre adversaire ne se couchera pas contre la couleur s’il trouve un brelan.
Contre les six valets possibles, vous pouvez réduire vous outs à la couleur, la quinte 7 à J et votre tirage quinte ventrale, soit 14 outs. Contre les trois dix possibles (un 10 est déjà sur le tableau), vous n’avez que les quatre outs de votre tirage quinte par le ventre. Seulement, si vous touchez l’une de vos quatre cartes vous serez dans la mesure de prendre la totalité de son tapis, donc vos côtes implicites sont énormes ($4,50 à rajouter pour gagner $12 + $95,50, soit 24 contre 1). La variation de côtes est grande selon la main de votre vis-à-vis, mais c’est un call obligatoire. Pas obligatoire contre n’importe qui, uniquement contre ce type de joueur.
Dans un premier temps appliquez simplement la règle de base
D’accord, nous payons pour effectuer notre float. Maintenant il faut espérer voir une carte favorable au turn. S’il check et que vous misez, combien devriez-vous mettre ? Cela dépend de la carte. Si c’est une couleur alors vous devrez miser au moins les trois quarts du pot. Si par-contre votre adversaire surenchérit ou avait misé au préalable, il est évident que se coucher demeure la meilleure option. Le relancer vous coûterait trop d’argent. Le float doit rester une stratégie peu onéreuse. Il n’y a pas beaucoup de raisons de risquer une grosse partie de votre tapis avec hauteur 6. C’est toujours possible, mais alors on s’éloigne de la technique basique requise la plupart du temps. Pour l’instant cantonnez-vous donc à la stratégie de base : au turn, votre adversaire mise, vous vous couchez / il check, vous misez.
Les différents cas de figures
Nous venons de suivre les $4,50, nous misons $12 au turn, il suit. Que faire ? Encore une fois cela dépend de la carte, mais la plupart du temps vous abandonnerez. Considérez plusieurs scénarios. Si c’est une couleur au turn vous devriez miser encore à la river s’il check une carte qui ne soit pas un pique. Il faut conserver la pression, en misant par-exemple $25 ou $30. Si vous check-raiser attention car cela peut vous coûter plus cher, même si ça n’arrive que rarement. La majeure partie du temps vous récupérerez le pot formé au flop, et devrez uniquement le remporter quatre fois pour rentabiliser la fois où vous perdrez gros. S’il n’y a pas de pique au turn et que votre adversaire check-call votre mise, vous êtes sûrement contre une bonne main. Vous vous coucherez en laissant de l’argent, mais comme je viens de dire, la majeure partie du temps vous rentabiliserez par les fois où le float passera.
Utilisez le bon adversaire tout en effectuant le bon calcul
Le float est hautement rentable contre les joueurs faibles-serrés, mais qu’en est-il des autres ? Vous avez vu un joueur relancer preflop, puis continuation bet au flop, et enfin check-fold au turn au minimum deux fois ? C’est un bon client même si le joueur n’est pas faible-serré. Beaucoup qui n’auront pas ce type de profil feront check-fold car ils auront peur du turn. Dans notre exemple de flop nous aurions neuf outs pour la couleur, trois 10 et trois 4. 15 outs est plutôt pas mal, donc vous pouvez toujours suivre et espérer voler un montant décent au turn de manière à faire du profit, bien que ce ne sera pas aussi simple que face à un adversaire faible-serré.
Certes le float est une arme bénéfique, mais à utiliser avec grande précaution. L’idéal étant d’avoir un adversaire au profil faible-serré. Souvenez-vous des remarques de vos adversaires, comme ceux qui n’aiment pas A-K. Avant d’appliquer le float, prenez en compte le montant de sa relance au flop, et si le pot vous laisse suffisamment de côtes pour effectuer un vol au turn. Si en plus vous touchez une bonne main (par rapport à notre exemple, quinte ou brelan), alors vos profits seront demultipliés.
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