Une question récurrente à laquelle je fais souvent face est : « Pourquoi devrais-je faire une mise standard au flop ? »Dans un premier temps laissez-moi vous démontrer les avantages qu’il y a de faire une mise standard
1 – Cela sème la confusion et peut être perçu comme un piège.
2 – Le montant est suffisant pour remporter le pot si d’autres joueurs se sont engagés avec de faibles mains ou sur des tirages.
3 – C’est également suffisant pour que votre adversaire se contente de payer avec une main marginale.
4 – Votre argent est sauvé si jamais vous êtes sur-relancé par un joueur détenant une grosse main. Des mises plus larges peuvent s’avérer coûteuses et vous amener à prendre des décisions plus difficiles sur les tours suivants.
5 – L’action peut tourner en votre faveur si votre adversaire pense que votre ‘faible’ mise est synonyme de faiblesse.
Les désavantages
1 – Si cela est perçu comme une faiblesse, vous risquez d’être relancé par un adversaire possédant une main plus faible que la vôtre. Selon le joueur, il sera préférable de vous coucher.
2 – Cela permet aux joueurs qui sont à tirages de rester dans le coup pour peu cher.
Est-ce que le second désavantage en est réellement un ? Chaque fois que misez ½ du pot en face à face, votre adversaire a une côte de 3 contre 1 pour suivre. Sur un tirage couleur votre adversaire voit sa côte passer à 5 contre 1 (la couleur tombe 19% du temps). Misez ¾ du pot et les côtes seront encore en votre faveur. Vous devez inciter les joueurs à suivre sur leurs tirages.
Lorsqu’il y a plusieurs personnes impliquées c’est différent. Pour chaque joueur supplémentaire dans le coup, les joueurs restants voient leur côte s’améliorer. Quand je parle de mise standard, vous devez comprendre que c’est pour des situations où vous n’avez qu’un adversaire, voir deux selon les circonstances. Vous devez prendre en compte plusieurs paramètres : votre main, les styles de vos adversaires et ce que vous comptez accomplir avec votre mise.
Si l’on reprend le premier désavantage, il se retrouve applicable dans les premiers niveaux d’un tournoi où les blinds sont peu élevées. Par-exemple, si quatre joueurs voient un flop avec des blinds 25/50 et que vous effectuez une mise de 100 ou 150 dans un pot de 200, cela peut être vu comme faible. Néanmoins, reproduire cette même action plus tard dans un pot de 8,000 est différent, surtout quand une mise de 4,000 représente 25% du tapis d’un joueur. A cet instant, si vos vis-à-vis pensent que vous êtes faibles, ils risquent de réévaluer leurs mains.
Pour moi, le plus gros désavantage est le prix que ça coûte à partir du moment où plus de joueurs sont impliqués. La mise standard de ½ ou ¾ reste correct, mais il vous faut faire un ajustement au turn si une carte à tirage survient.
Je ne vous incite pas à miser ½ ou ¾ à chaque fois. Si ½ du pot est égale aux trois quarts du tapis d’un adversaire, misez carrément la taille de son tapis. Parfois il est bon de varier vos mises afin de forcer vos adversaires à prendre une décision délicate. Par-exemple, si vous flopez un tirage et que votre stack est supérieur à celui de votre adversaire, vous pouvez faire une mise représentant la moitié du sien. De ce fait, s’il avance le reste de ses jetons cela vous obligera à payer. Dans des situations plus ‘standards’, c’est mieux d’être régulier avec le montant de vos mises. Choisissez un format de mise qui fonctionne pour vous et appliquez-le chaque fois qu’il vous faut miser au flop. Miser le même montant que vous ayez touché un brelan ou des nèfles amènera votre adversaire à se poser beaucoup de questions.
Un bon repère pour savoir quelle mise standard entreprendre est le montant que vous voudriez garder si jamais il vous faut coucher une main. Combien de fois avez-vous vous misé gros en espérant que votre adversaire allait se coucher ? Soudain il vous relance et vous voilà obligé d’abandonner le pot. N’auriez-vous pas pu effectuer la même action mais en engageant un nombre de jetons plus réduit ?
Exemple : vous jouez 1,000 mains où vous relancez pre-flop en étant suivi. Vous êtes premier de parole post-flop. Si vous misez, votre adversaire se couchera, suivra ou relancera un certain nombre de fois. Pensez-vous que ces probabilités statistiques vont beaucoup varier selon vos mises ? Je dirais que non, et dans le cas contraire la différence serait minime.
Les joueurs qui suivront ou se coucheront face à ½ du pot vont se conduire à l’identique si la mise s’élève à la taille du pot. Tout du moins disons que la variance ne va pas être énorme. Leurs ressentis ou les côtes vont devenir leur seul baromètre.
Oui, bien sûr vous pourriez être relancé plus souvent en misant peu, mais cela vous permettra de jauger les fortes mains, et de vous situer par rapport à l’action sans pour autant perdre beaucoup de jetons. Par-exemple, admettons que le pot soit de 10,000, sur deux coups vous misez 5,000 puis vous vous couchez sur une relance de 15,000. Vous venez de perdre 10,000. Au troisième coup vous flopez les nuts, votre adversaire relance à nouveau à 15,000, vous faites tapis pour 15,000 supplémentaires et votre adversaire sent qu’il a les côtes pour suivre. Vous gagnez le coup et remportez 25,000 grâce à votre ‘faible’ mise des coups précédents.
L’un des raisons pour laquelle les gens varient leurs mises est la peur. Ils sont effrayés d’être suivi ou battu par la malchance. Plus tôt un joueur de poker élimine cette peur et réalise la valeur d’une mise standard, et meilleur sera son jeu.
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