Stratégie poker : Ne surestimez pas une main assortie
Que ce soit sur Internet ou en Live, combien de fois avez-vous déjà relancé avec vos bonnes mains pour ensuite
voir un tirage couleur au flop, puis la troisième carte manquante à la river, avant que votre adversaire ne retourne Q-2 assortis ? Ainsi vous perdez avec des As, Rois, ou peu importe la très bonne main que vous ayez eu. Tout le monde, en particulier les nouveaux joueurs, semble avoir une grande attache pour ces mains assorties. Cependant, que valent-elles vraiment ?
Nous savons tous qu'une main assortie a plus de valeur qu'une main qui ne l'est pas. Le célèbre joueur et auteur, David Sklansky, donne un avantage de 5%. S'il l'affirme, c'est que c'est sûrement vrai. L'erreur commune est de voir des joueurs suivrent uniquement parce-que leurs deux cartes sont de la même couleur.
Les côtes de, à la fois trouver une couleur et remporter le coup ne sont pas aussi élevées. Selon l'ouvrage de Mattthew Hilger, Texas Hold'em Odds and Probabilities, nous réussirons à former une couleur 1 fois sur 17 tentatives, soit une côte de 16:1, mais cette statistique reste quelque peu trompeuse. Cela ne reflète pas le nombre de fois où la couleur est trouvée de façon ‘runner-runner', c'est-à-dire lorsque vous trouvez votre couleur grâce au turn et à la river. Même les joueurs les plus aventureux coucheront une couleur ‘back-door'. En restant réaliste, sachez qu'un tirage couleur au flop arrive 11% du temps. La river ne permettra de réaliser cette couleur que 36% du temps, pour un total final de 4%, soit une côte de 24:1. Ce n'est pas fini, car dans cette explication, nous n'avons que trouvé la couleur, le coup n'est pas encore gagné. Dans les perspectives globales, nous possédons au minimum, en moyenne, une côte de 24:1 avant de payer. Au poker Limit, cela veut dire qu'il est préférable d'éviter les face à face ou pot à trois joueurs. Nous ne devrions pas nous impliquer à moins qu'il y ait au minimum quatre suiveurs. En No Limit, notre tapis ainsi que celui de nos adversaires devraient être de 30 big blind ou plus, dans le but que ces derniers soient enclins à suivre de grosses mises, même avec trois cartes de la même couleur au tableau.
Reprenons ou nous en étions. Notre couleur est formée, allons-nous remporter le coup ? Généralement une couleur perd 20% du temps. Bien sûr, avec une paire au tableau, non seulement il y a déjà la probabilité de tomber contre une couleur supérieure, mais aussi un full house. Si une quatrième carte de la couleur apparaît, vous perdrez 16% du temps. Sans une hauteur As ou Roi, votre couleur est très vulnérable. En mettant les chiffres de côté, les joueurs novices, avancés et même experts, tombent encore dans le piège, et continuent par-exemple de payer des relances.
Une fois, sur Late Night Poker TV, j'ai observé Daniel Negreanu jouer Q-6 assortis. Personnellement, je sais que je ne suis pas assez fort pour jouer cette main. Les possibilités de trouver la couleur, mais de perdre quand même, augmentent les côtes à environ 30:1. C'est assez rude, surtout si vous considérez en plus que deux cartes, quelles qu'elles soient, ont une côte de 2:1 pour battre une paire d'As.
En conclusion, une main assortie aura plus de valeur que si elle est dépareillée. Toutefois, les mains assorties en elles-mêmes n'ont pas autant de valeur que l'on pourrait leur attribuer. En tout cas elles ne valent pas la peine de risquer beaucoup d'argent. Cela voudrait-il dire que nous devrions arrêter de jouer ce type de combinaisons ? Probablement pas, cela dépend toujours de la situation, mais j'espère que désormais vous savez pourquoi il est préférable de reconsidérer de jouer des mains comme J-5 assortis, et ainsi de choisir la bonne décision quand la situation en vaut la peine.
Bonne chance
JB











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