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La discipline au poker : Savoir quitter la table avant qu'il ne soit trop tard


Ecrit par: Camilla Goodman
Mis a jour le: Aoû 2, 2008
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partie clandestineAu poker il est primordial de connaître le moment où il devient nécessaire de quitter une partie. La fatigue, le tilt…sont quelques uns des signaux d’alarme annonçant le début du cauchemar. Soudain vos adversaires jusque-là si faibles deviennent de vrais requins. Subsistent des joueurs toujours aussi médiocres, d’autres qui avaient adopté un jeu large et qui d’un coup deviennent plus sélectif. Si jamais un facteur extérieur au jeu vient vous troubler, sachez qu’il n’est pas bénéfique de poursuivre. Un baromètre simple et souvent idéal est de se fixer une limite monétaire. Soyez assez disciplinez pour vous imposez une limite de gains ou de pertes maximum, puis vous levez une fois l’une de ces deux limites franchies.

Tout ce que je viens de vous dire est la vérité. Par ma propre expérience j’ai également découvert un autre argument de poids. Vous devez quitter la table lorsque votre instinct vous le dicte. Si la cloche du départ commence à retentir dans votre esprit, peu importe que vous soyez assis depuis dix minutes ou dix heures, que votre rush n’en finisse plus de vous rapporter de l’argent, partez ! Ayez confiance en votre instinct.

Lorsqu’il s’agit de poker, je n’aime pas m’arrêter. Une fois j’ai participé à une session de 20 heures. J’ai souvent eu de la réussite lors de ces longues sessions. La fatigue m’amène à jouer plus serré, je rentre dans une zone de concentration qui m’aide instinctivement à coucher mes cartes, ou au contraire continuer de mettre la pression. Toutefois la plupart du temps l’idée de rentrer à la maison me met un coup au moral. Une fois je me suis même convaincu de rester jusqu’à l’aube pour la simple et bonne raison qu’il est plus simple de conduire en plein jour.

Néanmoins, certaines de mes sessions m’ont rappelé que l’un de mes principaux problèmes est de ne pas savoir quand suivre mon intuition. Le signal de partir est enclenché, mon sixième sens me dit qu’il est l’heure de passer à la caisse avant d’aller dormir.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas jouer lorsque j’arrive à une table de Limit Hold’em $10/$20. Je pose $300 (un peu juste mais je me sentais confiant). Mon but est de repartir avec au minimum $400, un montant raisonnable au vu du jeu et de la limite.

Je perds rapidement mes $300 et rachète pour $400 de jetons. Je me dis que je ne partirai pas tant que je n’aurai pas atteint les $400 de gains. Tout se passe à merveille puisqu’à un moment donné me voilà avec un tapis de $1,100.

Maintenant je commence à me poser des questions. J’ai récupéré mes $300 de pertes et atteint mon objectif des $400 de gains. Seulement c’est allez si vite, et en plus je n’étais même pas fatigué ! Je n’étais pas en tilt, la partie semblait bonne et je prenais du plaisir. Je décide alors de rester, mais je sentais que je ne pourrais jamais accumuler plus que ces $400.

Par la suite j’ai reçu un bad beat, puis un autre, et un autre encore. Je multipliais les erreurs. Je finis par revenir ‘even’ (pas de gains pas de pertes). Il est peut-être le temps de partir ? Le tilt me guette et je m’entête à me convaincre que la partie est trop bonne pour quitter maintenant. Au final je pars en négatif de $400. A partir de ce moment-là je me dis que ça ne devrait plus jamais m’arriver.

J’ai connu un cas similaire un peu plus tard dans une session de No Limit Hold’em $5/$10. Habituellement je ne joue pas aussi haut, mais un tournoi se déroule en même temps, des tables supplémentaires sont ouvertes et le jeu semble très profitable. Je change $1,000, ce que disposaient d’à peu près tous mes adversaires.

Après sept heures mon tapis affiche $3,000. Une grosse part de mes bénéfices est venue d’un type qui m’a sur-relancer mon check-raise avant de suivre ma sur-relance avec A-10. De mon côté je dévoile A-Q et ramasse le pot grâce à ma double paire flopée. Je ne sais pas pourquoi il a décidé de m’offrir $1,000, mais j’étais tout de même ravi. Alors que cet homme laisse son siège vide, le joueur à côté de moi me chuchote que cela fût « un cadeau. »

Un nouveau croupier arrive. Soudainement j’ai ce sentiment qu’il faut partir. Pourquoi risquerais-je mes bénéfices ? Seulement le pire joueur de la table ressort quelques billets de sa poche…

Je me promets alors de jouer super solide. Je pose la grosse blind. Tout le monde limp (approximativement six joueurs). Je soulève mes cartes et découvre K-7 dépareillés. Je check, le flop est K-7-9 (dont deux carreaux). Le joueur agressif en petite blind mise $20, je relance à $60, suivi par deux joueurs, la petite blind se couche. Le turn est un 10. Voilà que j’ai un sentiment étrange dû au fait qu’il y ait plusieurs possibilités de quintes au tableau. Je check, le ‘pire joueur la table’ envoie $200, le suivant s’écarte. Je suis le turn puis ses derniers $225 à la river. Il retourne 8-6 dépareillés, je sentais la quinte et cela m’a coûté $425 pour m’en assurer, ajoutés aux $70 du début.

Je rentre chez moi en positif de $1,500 mais avec quelques regrets. Une fois encore je n’ai pas écouté ma petite voix. J’ai reçu une énième punition.

Ce sentiment de devoir partir crée cette nécessité de s’en aller. Après il faut relativiser. C’est mieux de gagner $1,500 que rien, mais je regretterai longtemps ces $500 partis bêtement en fumée. D’autant plus que j’ai été assez stupide pour suivre les mises d’un joueur qui habituellement se contente de payer.

J’espère que vous avez retenu la leçon de cette histoire. Il est souvent bon de se fier à ses ressentis. Pour les plus rationnels imposez-vous une discipline de fer. Gagner au poker n’est pas qu’une question de calculs, d’analyses, etc…c’est aussi et surtout la capacité à gérer son comportement. Le tilt est un des plus gros dangers du joueur de poker, alors faites-en sorte qu’il ne frappe pas régulièrement à votre porte.

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