Tout le monde dit que le poker est un jeu de compétences. Nous aimerions tous croire en cet adage, partant du principe que lorsque nous jouons notre meilleur poker, les résultats devraient logiquement suivre. Nous savons cependant que la chance intervenant dans la distribution des cartes aura un impact déterminant sur les coups que nous allons gagner ou perdre dans le cadre d'une session de jeu. Dans mon précédent article, « Récit d'une victoire en tournoi online », je vous décrivais une main s'étant déroulée en table finale. Je jouais mon tournoi en me retrouvant à tapis avec une paire servie de 10 et tombaiS face à une paire servie de Dames. Je remportais pourtant le coup en touchant une couleur backdoor runner-runner en river. Cette unique main a permis de faire la différence entre la 6eme place, place à laquelle j'aurai du normalement finir si j'avais perdu la main conformément aux statistiques, et la 1er place, place à laquelle j'ai finalement terminé. Ce coup décisif m'a permis de prendre le chiplead et de contrôler la table grâce à mon énorme tapis et de remporter une victoire.
Chance ou malchance : la substance du poker
Phil Hellmuth avait d'ailleurs fait la déclaration suivante: « si la chance n'existait pas au poker, je gagnerais tous les tournois auquels je participe. » Bien que peu de joueurs aient un égo aussi démesuré que celui de Phil Hellmuth, la plupart des joueurs partagent l'opinion du Poker Brat. Lorsque votre paire d'As servie se fait craquer par un 6-4 dépareillé ou lorsque vos opposants touchent leur couleur runner-runner alors que vous êtes archi favori, il est facile de s'en prendre à la chance ou à la malchance, de se décréter « noir » ou comme le joueur le plus malchanceux de l'histoire. Il est aussi plus facile de se rappeller des bad beats que nous avons subis avec parfois beaucoup de violence psychologique que des bad beats, tout aussi cruels, que nous avons infligés à nos adversaires, échappant ainsi à une situation des plus catastrophiques qui plombaient notre tournoi.
Le nouveau champion du Main Event des WSOP, Joe Cada, a connu une chance insolente lors de la table finale du November 9 2009 en floppant à 2 reprises des brelans dans des confrontations à tapis preflop avec des paires servies de 2 et de 3 contre des paires servies supérieures. Après le tournoi, Cada déclarait que tout personne l'ayant déjà entendu se plaindre d'être victime de malchance pouvait lui jeter la 1ere pierre. Cada reconnaît avoir été chanceux, il ne reconnaît pas avoir brillament joué ces 2 coups pourtant décisifs mais à l'entendre, il a du avoir son lot de malchance et semble fort bien s'en accomoder.
Nous aimons tous notre malchance:
Les psychologues suggèrent que les joueurs de poker, au même titre que les individus s'adonnant aux jeux de hasard, ont tendance à ressentir plus d'émotions dans leurs pertes que dans leurs victoires et que, au plus profond d'eux mêmes, ils préfèrent en fait la sensation de la défaite à l'euphorie de la victoire, de manière inconsiente. Ce paradoxe explique pourquoi la malchance semble avoir un impact si intense sur les joueurs de poker. Rappelez vous un instant des mains qui vous ont fait perdre le sommeil des nuits entières, ces mains que vous avez rejouées sans cesse dans votre esprit et qui ont fait de vous un véritable insomniaque. S'agit il des mains pour lesquelles vous avez touché un miraculeusement un de vos 2 outs en river pour détruire la main favorite de votre adversaire? Ou plutot les mains au cours desquelles vous avez subis de cuisants bad beats lorsque vous étiez en position de favori, vous estimant certainement invincible, venant récompenser injustement un adversaire éventuellement inférieur à vous ou qui avait pris le parti de vous sous estimer? Nous focalisons en fait sur les mains que nous perdons, ce sont celles qui nous blessent le plus et notre cerveau ne peut s'empêcher de rejouer la main encore et encore, nous poussant à nous torturer avec des « si seuleuement jamais joué de cette manière », « pourquoi je n'ai pas joué ainsi au lieu de... ».
Apprivoisez la malchance:
Alors comment se défaire de l'idée que la malchance vous poursuit tel un nuage noir et pluvieux accroché au dessus de votre unique tête alors qu'autour de vous resplendit un soleil radieux? Premièrement, je vous suggère de consigner par écrit tous les coups que vous perdez au gagnez en étant underdog ou favori à au moins 4 contre 1. De cette manière, vous pourrez constater que finalement, vous êtes gagnant la plupart du temps dans les situations dans lesquelles vous partez en temps que favori. Deuxièmement, je vous suggère de ne provoquer une confrontation à tapis en tournois que contre des joueurs qui ont beaucoup moins de jetons que vous. De cette manière, vous resterez toujours en course en cas de bad beat. L'autre jour, je disposais d'un très bon tapis qui a été décimé en seulement 2 confrontations à tapis dans lesquelles j'étais favori à 80%. Comme je couvrais mes adversaires, il me restait encore 1,000 jetons suite à ces 2 coups malchanceux et je poussais mon tapis à la 1ere occasion me permettant de faire un move. Avec une paire servie de 7, je me retrouvais face à 5 adversaires qui briquaient tous sur le board. Ceci me permettait de multiplier mon tapis par 5 et de faire un retour tonitruant dans le tournoi.
Je pense aussi qu'il est important de se rappeller immédiatement de toutes les bénédictions et de tous les bons moments que vous avez connus dans votre vie lorsque vous prenez un bad beat. Ce recours à la pensée positive vous permet de relativiser aisément la chose et de retrouver vos esprits et votre concentration pour la suite des évènements. La plupart des joueurs ont tendance à tilter après un bad beat et à pousser le reste de leurs jetons avec la 1ere poubelle qui se présente tout en implorant les dieux du poker. Songer plutot à faire un retour gagnant en mobilisant vos dernières et vos meilleures ressources
Il n'y a pas de malédiction, la malchance est aléatoire:
La chance ou la malchance au poker est complétement aléatoire. J'ai connu des séries de folie ou j'ai parfois touché des brelans floppé 7 ou 8 fois d'affilée, et d'autres séries où je n'ai pu trouver le moindre brelan sur le flop pendant des semaines entières. Dans d'autres circonstances, j'ai pu recevoir une série d'une cinquantaine de donnes sans toucher de cartes supérieurs au 8 avant de recevoir les AS, les Rois et les Dames lors de 6 mains consécutives et perdre à chaque fois le pot avec chacune de ces 6 mains. Ceci fait parties des fluctuations qui caractérisent le poker.
Il est facile de blamer les mauvais joueurs qui vous prennent tous vos jetons en jouant mal, ou les sites qui vous distribuent des mains qui vous envoient au casse pipe. Il est plus difficile d'oser sourire aux bad beats que vous recevez et de repartir avec motivation dans votre challenge de joueur de poker en attaquant vos prochaines parties avec un moral intact. Nous devons répondre et non pas réagir aux évènements qui se déroulent à une table de jeu, et répondre grâce à notre mental afin d'être un joueur gagnant sur le long terme. Nous ne serons peut être pas aussi que Joe Cada qui a connu un timing parfait en table finale du Main Event, mais nous devrons apprendre à saisir les opportunités lorsque celles ci se présentent afin de maximiser nos gains et à limiter nos pertes lorsque la chance nous joue de mauvais tours.
La gestion de bankroll est le meilleur moyen de lutter contre les effets de la malchance. Montez votre bankroll sans risque en participant à nos freerolls exclusifs est le meilleur moyen de lisser les effets de la variances.
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