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Annie Duke, l’avant et l’après

Ecrit par: Katie Lindsay
Mis a jour le: Jul 2, 2007
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Annie a été précédée dans le monde du poker par un frère très impressionnant. Je lui ai demandé comment elle a pu utiliser cela à son avantage et ce qu'elle en fait aujourd'hui, 10 ans après qu'elle se soit assise pour la première fois à une table de poker.

Katie Lindsay : Comment vous êtes vous mise au poker ?

Annie : C'est mon frère qui m'a enseigné le jeu, j'avais l'habitude de le regarder jouer. Il a commencé en m'amenantAnnie Duke aux World Series, la première fois, il m'a demandé d'aller jouer au black jack, ce que j'ai fait; la deuxième fois, il m'a inculqué les vraies règles, les combinaisons de mains et m'a demandé d'aller jouer au poker parce que le black jack était vraiment trop ennuyeux pour moi. Après ces péripéties, je suis retournée à l'école, je n'avais rejoué qu'une seule fois et j'avais gagné de l'argent aux tables Limit 3/6 du Mirage.

Finalement, j'ai quitté l'école parce- ue je n'aimais vraiment pas ça et je suis allée m'installer dans le Montana avec mon ex-mari. J'étais collée à cette petite ville, je ne savais pas quoi faire, je n'avais pas d'argent, nous étions fauchés, mais vraiment, vraiment fauchés, notre hypothèque nous coûtait $125 par mois et nous ne pouvions l'assumer, nous vivions dans une maison qui ne coûtait que $11,000 !

A Billings, qui se trouve à 40 minutes d'où nous étions, il y avait des parties 3/6 et 10/20, je m'y suis rendue une fois pour jouer en 3/6. ho oui ! Je me souviens qu'ils n'autorisaient pas le ‘check-raise' et j'étais assez gênée par cette règle. Peu importe, je ne suis pas resortie les poches vides, donc j'ai pensé : pourquoi ne pas faire que ça ? Mon frère m'a donné $2 400 et a insisté pour que je continue dans ces parties. Quelques fois, je l'appelais pour lui demander « d'accord, alors, est-ce que je dois jouer cette main ? Est-ce que je l'ai jouée correctement ? »

KL : Donc à partir de là vous avez décidé de jouer les World Series ?

Annie : Oui, il m'a inscrit à un tournoi de Limit et je suis allée jusqu'au deux dernières tables, il m'a regardé jouer et lorsque je suis sortie, je me suis excusée auprès de lui pour avoir été éliminée, et il m'a répondu « non ! tu étais la personne la plus agressive à la table, je suis très content de toi. » Encore une fois, il m'a conseillé de jouer le tournoi suivant en Limit, car je ne savais pas tellement me débrouiller en No Limit. A vrai dire, je n'y avais jamais joué auparavant. Il m'a dit de commencer par des satellites, je me suis plutôt bien débrouillée, j'ai remporté la moitié des satellites auxquels j'ai participé.

C'était aussi une façon pour moi d'apprendre le No Limit parce que les satellites se jouaient sous cette forme. Je suis rentrée dans le tournoi Limit $2 500 et j'ai terminé 3ème à cause d'un énorme bad beat, une couleur runner-runner, je m'en souviens encore : j'avais K-9 à trèfles, et je me souviens également de la main de mon adversaire.

Après cette performance, je le suis dit : « allez ! tu dois jouer le Main Event », je ne savais même pas comment jouer au No Limit, j'avais reçu quelques notions pendant les satellites, donc Howard m'a suggéré d'en rejouer quelques uns pour m'entrainer.

Je n'ai pas très bien joué, mais j'ai réussi à me qualifier, donc au final, c'était plutôt pas mal, j'en ai même remporté deux, ce qui au total me faisait un siège au Main Event, plus $3 500.

KL : Comment s'est déroulé le tournoi pour vous ?

Annie : A la fin du premier jour, j'étais 35e mais ça ne me préoccupait pas tellement, je suis revenue le jour suivant, nous sommes descendus à 4 tables et j'étais l'un des chip leaders avec 95,000 en jetons, mais sur un coup désastreux, je suis tombée à 30,000, j'avais K-K au bouton, je relance à 5.000, le type va à tapis pour 65.000 avec A-3, je paye et la river apporte un As...

S'il avait juste sur-relancé à 20,000, les choses auraient été moins graves et ça aurait eu davantage de sens pour moi. J'ai fini 26e, j'avais déjà empoché $70.000 au total, mon frère m'a dit que je ferais bien de m'installer à Vegas, j'ai donc déménagé et c'est là que tout a commencé.

KL : Comment contrôlez-vous vos émotions à la table ?

Annie : Il y a deux choses importantes au poker; premièrement, laisser ses émotions à la porte du casino, quand vous prenez une décision, vous prenez toujours la meilleure décision si vos émotions ne se manifestent pas. Souvent, quand les hommes sont à la table, ils laissent leurs émotions prendre le dessus, donc leur jeu n'en devient que plus médiocre. Mais cela vaut pour vous aussi, à partir du moment où vos émotions entrent en jeu, vous ne pourrez pas prendre de bonnes décisions, séparez-vous de votre ego quelques instants, vous vous fichez de ce que les gens pensent de vous, vous ne devez pas craindre la manière dont les gens vont vous percevoir, sauf quand vous tentez de travailler votre image à la table.

Si vous voulez que votre image laisse transparaître aux yeux des autres le fait que vous êtes un excellent joueur, alors c'est super, vos adversaires auront peur, et vous pourrez vous permettre de tenter des choses. Vous pouvez aussi avoir image comme Gus Hansen où tout le monde pense qu'il est littéralement fou, et c'est pour cette raison que les gens l'évitent à la table, ils savent qu'il est capable de tout, en fait, ils pensent qu'il est dingue. Il y a beaucoup d'images à la table que vous pouvez adopter et vous devez chercher qu'elle est celle qui est faite pour vous.

KL : Ressentez-vous une pression supplémentaire maintenant que vous êtes reconnu et respecté dans le monde du poker ?

Annie : Non, pas particulièrement, alors bien sûr je veux toujours gagner et je fais toujours en sorte d'y parvenir. Je me sens comme si j'étais toujours au bon endroit au bon moment, et c'est probablement la plus belle chose qui ne me soit jamais arrivée, parce que le boom du poker est devenu énorme, avant j'étais la première femme payée aux WSOP, j'ai remporté le premier TOC, mon premier bracelet à la télévision, et j'ai été en forme ces deux dernières années aux World Series.

Peu importe ce qui arrive aujourd'hui, si jamais je prends ma retraite, personne ne pourra m'enlever ces moments magiques, je suis très à l'aise avec ça, désormais mon attention est portée sur mes enfants, et je suis tellement concentrée sur mes affaires que le poker en ce moment est devenu un super divertissement, mais cela n'empêche pas le fait que j'essaye toujours de jouer mon meilleur jeu.

Mes enfants ont vraiment une place importante. Oui, je veux gagner le Main Event, mais si je n'y parviens pas, ce ne sera pas la fin du monde, j'ai tellement accompli de choses dans ma carrière de joueuse et dans ma vie de famille que je me sens déjà assez chanceuse d'être au bon endroit au bon moment, tout ce qui compte pour moi maintenant se sont mes enfants. J'ai réussi ce que j'ai entrepris et je me suis mis dans une position où je pouvais consacrer un maximum de temps à ce qui m'est le plus cher au monde.

KL : Vous jouez souvent sur Internet ?

Annie : Je joue beaucoup sur Ultimate Bet, je pratique une variétés de jeux, je ne vais jamais plus haut que $30/$60 et je m'adonne au Omaha 8, au Limit Hold'em et au H.O.R.S.E. Habituellement, je fais le $200 du dimanche, c'est à peu près le seul tournoi que je joue sur Internet, je joue également beaucoup au black-jack.




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