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Joe Tehan, son passage chez les pros

Ecrit par: Craig Cunningham
Mis a jour le: Mai 4, 2007
Vues: 182
Après avoir remporté un tournoi MBA, Joe Tehan a travaillé pour se faire une place parmi le monde du jeu. Sa passion pour le poker ne l'a jamais lâché, et aujourd'hui c'est entre autre par sa gentillesse et son humilité qu'il arrive à perdurer dans ce monde sans pitié. Mais ne vous fiez pas aux apparences, sous ses airs de gentil garçon, un féroce compétiteur sommeil en lui. Sa vie s'est vue bouleversée lorsqu'il gagna le WPT Mandalay Bay Poker Championship en juin 2006, empochant 1 million de dollars et entrant par la même occasion dans le groupe très fermé des joueurs ayant remporté un tournoi majeur. Il a été payé 3 fois aux WSOP 2006 et a été assez sympathique pour nous accorder une interview durant le Main Event.


Craig Cunningham : Parlez-nous un peu de vous ?

Joe Tehan : Je suis né et j'ai grandi du côté du New York. Depuis ces quatre dernières années, je vis à Las Vegas, j'ai été à l'université mais en fait je n'ai jamais vraiment eu de réel travail. J'ai étudié durant 4 ans en économie, puis j'ai obtenu une maîtrise en administration commerciale. A la fin de mes études, j'ai essayé de chercher un boulot, mais finalement j'ai décidé de partir à Las Vegas pour jouer au poker.


CC : Quels sont vos centJoe Tehanres d'intérêt en dehors du jeu ?

JT : J'adore jouer à toutes sortes de jeux, je suis assez compétitif et j'adore vraiment les cartes, le backgammon, etc...Je joue également au golf et à tous les sports que j'ai l'occasion de pratiquer. J'aime passer du temps avec ma copine, et quelques fois dans l'année, je rentre à New York pour rendre visite à ma famille.


CC : Qu'est-ce qui a fait que vous vous êtes intéresser au poker ?

JT : Ma famille a toujours joué aux cartes, ce n'était pas vraiment du poker, mais nous jouions à différents jeux ensemble toutes les fois où nous en avions l'occasion ; donc j'ai toujours eu cet amour pour les cartes, j'ai commencé à jouer au poker à l'Université, nous jouions toute la nuit et en général le plus gros vainqueur ne remportait pas plus de $20.


CC : A quelles limites avez-vous commencez à jouer ?

JT : A la fac, mes amis et moi faisions deux heures de route pour nous rendre au Tuning Stone Casino, nous jouions en $3/$6 Limit Hold'em. A l'obtention de mon diplôme j'ai participé à des parties à la maison, et j'alternais avec mes sessions au casino. Je jouais la plupart du temps en $5/$10 Limit Hold'em, et quelques fois $10/$20. Avec le temps j'ai commencé à jouer plus haut, m'asseyant à des tables de $15/$30 lors de mes excursions à Las Vegas. Mes deux premières années au Nevada je jouais principalement en $30/$60 au Bellagio, puis j'ai progressé pour atteindre des limites comme $200/$400 ou $400/$800 en Mixed Games (plusieurs jeux lors d'une même partie).


CC : Je joue occasionnellement au Limit Hold'em, je vis à Atlanta et j'ai l'habitude d'aller au Bellagio environ six fois dans l'année plus d'autres casinos quand je voyage. Mais depuis quelques temps, je n'y vais plus trop souvent. Je suis un joueur gagnant en $15/$30, mais je suis assez réticent à l'idée de monter en $30/$60, c'est ce que vous avez fait lorsque vous avez décidez de passer professionnel ; quelle a été votre approche pour augmenter de limite depuis que le jour où vous avez commencez et gagner de façon constante dans vos parties en $5/$10 ?

JT : Au sujet de monter de limite, tout ce que je peux dire, c'est que le poker, ça reste le poker ! les jetons sont de différentes couleurs, mais le jeu est quasiment le même quelques soient les limites. J'accorde le fait qu'en montant de limite, la compétition devient plus rude, mais je dirais que le plus important est de jouer là où vous vous sentez le plus à l'aise, si vous êtes gagnant 75% du temps (ce qui est vraiment pas mal), alors ne changez pas de jeu. Rien ne vous interdit de tenter une partie en 30/60, mais vous devez vous sentir assez à l'aise avec la limite que vous adoptez, car vous ne devez pas avoir peur de jouer.

CC : A quoi vous consacrez-vous aujourd'hui ? Tournoi, Cash Game, jeu en Live, Online ?

JT : Durant mes deux premières années à Las Vegas, je n'étais qu'un joueur de Cash Game. Aujourd'hui, je joue sur Internet mais je préfère le Live. En ce qui concerne les tournois, je n'en ai pas fait énormément entre décembre 2005 et juillet 2006, j'ai dû en faire une poignée à $1.000, mais c'est tout. A présent, que j'ai plus de succès en tournois, je m'y suis remis, et je suis davantage concentré.

CC : Vous avez été payé pour la première fois en avril 2005 au Bellagio dans un tournoi à $1.500 l'entrée, cela à dû être excitant, en particulier avec des joueurs comme Marcel Luske, Darrell Dicken et Jason Lester. Dites-nous pourquoi vous avez décidez de faire ce tournoi et quelles sensations cela procure ?

JT : J'ai décidé d'y participer parce-que c'était le tournoi le moins cher, donc j'ai tenté ma chance, j'ai terminé 22e mais c'était un peu décevant d'avoir jouer pendant 15 heures et de ne toucher que le double de mon investissement, néanmoins l'expérience était intéressante.

CC : D'avril à novembre 2005 qu'avez-vous fait ?

JT : Rien de particulier, j'ai continué d'amassez les jetons en cash game.

CC : Ensuite, vous avez eu deux supers résultats en décembre 2005 et janvier 2006 pour des gains totaux avoisinant les $280.000, 2nd place dans un autre tournoi au Bellagio et une victoire dans un tournoi du Commerce L.A. Poker Classic. Est-ce une nature chez vous par rapport à vos habiletés et votre approche du jeu ou avez-vous travaillé sur certains aspects de votre jeu ?

JT : RIEN QUE DE LA CHANCE !!! Ha-ha. Non, j'aimerais croire que je suis devenu meilleur avec le temps, j'ai fait quelques pauses et je suis revenu plus fort. Je sais comment un tournoi peut être difficile et décourageant, mais ces deux tournois-là m'ont vraiment donné envie de continuer dans le monde des tournois. Après avoir surpassé un parterre de respectivement 450 et 900 joueurs, j'ai senti que je pouvais affronter les meilleurs joueurs du monde.

CC : Racontez-nous votre parcours depuis le Mandalay Bay Poker Championship jusqu'à l'événement à $10.000, combien de tournois avez-vous fait, incluant celui dans lequel vous avez été payé ?

JT : Je crois avoir joué 4 ou 5 tournois préliminaires, et je n'ai été payé qu'une seule fois durant cette série.

CC : Avez-vous payé directement l'entrée au tournoi à $10 000 ? Et quel était votre état d'esprit en commençant le premier jour ?

JT : Oui, j'ai payé l'entrée directe, et comme dans tous mes tournois, je ne m'attendais à rien, je savais juste que j'allais jouer du meilleur que je pouvais, et espérer avoir quelques temps de répits. Je pense que c'est tout ce dont vous pouvez espérer. Si vous commencez ces tournois en vous disant à chaque fois que vous allez les gagner, vous risquez d'être extrêmement déçu.

CC : Au troisième jour; vous étiez tout près de passer chip leader, mais les six dernières tables étaient constituées d'excellents joueurs. Dites-nous comment se sont passés les deux derniers jours jusqu'à la table finale.

JT : C'était plutôt agréable, parce-qu'au deuxième jour j'avais beaucoup de jetons, et quand vous êtes dans une telle situation, vous n'avez pas à vous en faire, vous n'avez qu'à prendre votre siège et jouer votre jeu. Au troisième jour, je savais qu'il y avait encore beaucoup de chemin à faire. Au quatrième jour, j'étais un peu nerveux, parce-que nous sommes descendus à 18 joueurs, j'étais chip leader. Le même jour, nous nous sommes retrouvés à 6 pour la finale. Mon père et ma sœur ont décidé de prendre l'avion pour venir me voir jouer. J'ai ressenti un peu de pression, c'était la finale, mais j'ai quand même plutôt été chanceux.

CC : La table finale n'avait rien de commode lorsque vous vous êtes retrouvés à 3 avec Burt Boutin et Brad Booth. Ce dernier avait un peu observé votre façon de jouer et Boutin est un féroce compétiteur.

JT : Ils le sont tous les deux, ils sont extrêmement habiles et s'ils pensent avoir la meilleure main, ils vous mettent vraiment la pression.

CC : Vous avez perdu la tête de la compétition sur un gros coup qui vous opposait à Boutin, puis vous avez ramassé un gros pot lorsque vous avez flopez une double paire avec A6 en main. Comment arrivez-vous à équilibrer patience et conviction lorsque vous faites face à de telles agressions comme celles de Boutin ?

JT : C'était une main intéressante, Burt et moi-même avions 3M en chips et Brad Booth était en short stack au début de la main. Je ne voulais pas sortir sur cette action et voir s'envoler $100.000 de récompenses supplémentaires. Quand Burt a fait une relance substantielle sur le turn, j'ai vraiment pensé qu'il avait sa quinte, j'étais extrêmement soulagé lorsqu'il a abattu son AQ à la rivière.

CC : Une fois que vous vous êtes retrouvé en face à face vous avez reçu deux mains clés qui ont clôturé le match. Faites-nous revivre ce moment.

JT : Je n'étais pas trop fan de la structure en face à face. Il y avait moins de 7M en jeu et les blinds étaient de $80/$160. Il n'y avait pas beaucoup d'action, c'est devenu un peu n'importe quoi.

CC : Vous avez été sur-relancé sur la main finale alors que vous aviez 9-8 dépareillés, est-ce que c'était difficile de suivre, ou alors est-ce que cela a été un automatisme ? Et racontez-nous le flop qui a suivi.

JT : On m'a interrogé des tonnes de fois à propos de cette main, c'était sans doute discutable, maisc'était ma première opportunité de mettre fin à ce tournoi, il n'y avait pas beaucoup d'action, j'ai pensé que c'était le moment de tenter quelque chose. Si je perdais la main, mon adversaire n'allait avoir qu'une légère avance sur moi, donc je pouvais me le permettre. Quand le flop est arrivé : 9-9-10, je n'y croyais pas, le turn a été un As et la river un 8, j'ai donc trouvé un full !

CC : Vous étiez très ému à la fin du tournoi, et Burt vous a félicité, qu'est-ce que cela représente pour vous de gagner le WPT Mandalay Poker Championship ?

JT : C'est dur à définir, ma vie a complètement changé, j'ai gagné le tournoi le jour de l'anniversaire de ma mère qui est partie il y a cinq années, que dire, c'est un jour spécial, et je suis sûr qu'elle me regardait.

CC : Félicitations pour vos places payées aux WSOP... est-ce que le sentiment est différent par rapport aux autres tournois auxquels vous avez participez ?

JT : Il n'y a rien de différent, chaque tournoi est dur et vous coûte beaucoup d'énergie quelque soit l'événement, j'ai eu 4 places payées sur 13 mais rien de bien glorieux, mais j'ai quand eu un bon ressentiment lors du Main Event.

CC : D'un point de vue personnel quel a été pour vous les défis les plus difficiles à relever depuis que vous avez décidez de jouer au poker pour en vivre ?

JT : C'est dur mentalement, les bad beats sont difficiles à encaisser, j'en étais à un point où chaque session était pour moi l'ultime bataille, je jouais juste du meilleur que je pouvais.

CC : Finalement, quels sont vos objectifs principaux ?

JT : J'aimerais gagner le Main Event aux WSOP, mais bon, qui ne le voudrait pas ? Je n'ai pas vraiment d'objectifs précis, je vais continuer à jouer au poker et faire ce que j'aime tous les jours, je ne peux vraiment pas en demander davantage.



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