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WSOP 2009- Day 26 - Les Chroniques Hendrixiennes: Le jour où les jetons ont disparus!

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Alors que les joueurs revenaient de leur pause diner dans l'event 42, Erick Lindgren s'asseyait à sa table et comptait, comme il en a l'habitude, ses jetons, de manière à s'assurer que leur montant était bien le même qu'avant son départ pour la salle de restauration. Lindgren, visiblement surpris par le résultat, recomptait ses jetons et s'empressait d'appeler le floor manager: « Hey John, il me manque 10,000 en jetons! ». alors que Lindgren expliquait la teneur de son problème au floor manager, d'autres joueurs se mirent également à solliciter les membres de l'équipe de direction du tournoi.

Sur une autre table, un joueur avisait le floor qu'il avait trop de jetons, un surplus de 45,000. Ce joueur très honnête (il en existe) rendait son surplus en jetons alors que pendant ce temps, Noah Schwartz, un des chipleader du tournoi, déclarait qu'il lui manquait 40,000 en jetons. Pendant que le problème était en train d'être réglé, le tournoi continuait et l'horloge affichait déjà 58 minutes de temps de jeu succédant au retour de pause.

Un des floor manager donnait 10k en jetons à Lindgren, qui, visiblement fort énervé, s'empressait de regagner sa table pour reprendre le tournoi, ayant l'intuition que se problème allait prendre beaucoup de temps avant d'être résolu. Un des floor managers annonçait dans le microphone que les bandes vidéos des caméras de surveillance allaient être analysées et que la prochaine pause allait être prolongée de 15 minutes

Si certains joueurs se montraient peu concernés par le problème, la majorité d'entre eux affichaient un air livide et circonspect. « De quel droit peuvent ils manipuler nos jetons lorsque nous ne sommes pas là? » Alors que j'étais en train de prendre des notes au sujet de cette situation cocasse, un des membres du floor m'invitait à cesser immédiatement, craignant que la médiatisation de cette histoire lui fasse perdre son emploi.

J'acquiessais d'un signe de la tête car je sais à quel point les membres du floor travaillent dur et que la personne qui est soupçonnée d'être à l'origine de l'erreur commise est quelqu'un que je connais, que j'apprécie et avec laquelle je discute souvent. Cependant, je n'étais pas le seul membre des médias présent dans la salle et cette histoire allait être forcément exploitée. Sur ce fait, je décidais de continuer à prendre des notes.

Certains joueurs menèrent leur enquête, dont Howard Lederer, et aboutirent à la conclusion suivante: le floor avait commis des erreurs lors du remplacement des jetons de faible valeur, les jetons violets (valeur 500) et les jetons oranges (valeur 1,000). Au lieu de placer 4 jetons d'une valeur de 5,000 pour remplacer 20 jetons orange, le floor n'en avait placé que 2. Au lieu de placer 2 jetons de 5,000 pour remplacer 20 jetons de couleur violette, le floor en avait placé 4. L'erreur venait donc d'une confusion au sujet de la couleur et de la valeur des jetons. Un incident pourront on dire, ayant eu lieu par pur daltonisme.

Alors que Erik Seidel, Barry Greenstein et Lederer avaient une conversation, je tendais les oreilles afin de saisir la teneur de leurs propos « Gus Hansen a beau être un maniaque, les gens ne réalisent pas qu'il sait en fait exactement ce qu'il fait. Gus est un joueur très analytique et chacun de ses moves découle d'une raison logique! »

A une autre table, 3 joueurs s'étaient procurés un jeu de cartes et jouaient au poker chinois. Steve, un des floor managers, expliquait à Lederer que lorsque un des membres avait effectivement commis une erreur, celui ci n'avait pas suivi la procédure correcte pour la corriger.

Steve Zolotow avait quant à l ui mis la main sur la personne du floor responsable de l'erreur pour lui manifester son mécontentement. « Mais comment avez vous pu commettre une erreur pareille? » demandait il, le visage rougit par le sang sous l'effet de la colère et de la stupéfaction. Le floor présentait ses excuses et annoncait qu'ils allaient procéder à un nouveau remplacement des jetons, ce que l'on appelle dans le jargon un « color up », tout en demandant aux croupiers de chaque table de compter précautionneusement le tapis des joueurs pour s'assurer que le montant des jetons en circulation était le bon.

Steve se rendait vers le stand de PokerNews pour leur demander si ceux ci avaient effectuer un comptage des jetons durant la pause. Un des journaliste répondait qu'il avait effectivement procédé au chipcount mais juste après le 1er « color up ». Denis, le superviseur direct de Steve, était en train d'avoir une conversation téléphonique avec Jack Effel et de lui expliquer la situation. La encore, je laissais trainer une de mes oreilles pour mieux saisir la teneur de leur conversation.

Finalement après avoir revu les bandes des caméras de surveillance et effectué le comptage des jetons en circulation, le floor annonçait la reprise du tournoi. Immédiatement, Noah Schwartz appelait un des floor managers et Steve se rendait à sa rencontre. « Qu'en est il des 40,000 qu'il me manque? Demanda Noah poliment!

Steve expliquait à Noah qu'ils avaient visionné les bandes des caméras de surveillance sans pouvoir prouver que la moindre erreur ait pu être commise, les images étant confuses, et que de ce fait, ils ne pouvaient absolument rien faire.

« Comment? », s'exclamait Schwartz, avec une impression d'incrédulité envahissant son visage! 3 C'est à moi de payer pour votre erreur?! »

Un autre joueur déclarait que les images de caméras de surveillance qui scrutent les tables de blackjack ne sont jamais floues et un autre joueurs acquiesçait ses propos d'une inclinaison de la tête. Schwartz, fort énervé , demandait à parler à Jack Effel. « C'est sa décision! » répondait Steve.
Steve présentait ses excuses et disait qu'il aurait aimé pouvoir intervenir en la faveur de Schwartz mais qu'il ne pouvait pas

Schwartz, rongé par la frustration levait les yeux au ciel et déclarait: « je n'ai plus envie de jouer de toute façon, c'est incroyable, ils prélèvent 9% sur chaque tournoi et commettent des erreurs d'amateurs ! »

Erik Seidel, assis à une autre table, ne pouvait s'empêcher de constater en riant que tous les joueurs allaient être en tilt, puis, rapidement l'incident allait être oublié et le tournoi allait se poursuivre comme si de rien n'était.

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