On peut trouve une multitude d’explications à ce manque de discernement général, mais la première d’entre elles tient au fait que si certains joueurs ont recherche un sponsor, c’est qu’il y a une bonne raison. C'est le paradoxe du sponsoring privé : les joueuirs qui font le plus appel aux sponsors sont souvent ceux qui ne font pas de bons résultats. Bien sûr il y a des exceptions à la règle, certains joueurs ne veulent pas risquer leur bankroll sur un seul tournoi, et leur sponsor est prêt à prendre le risque de les inscrire au tournoi car il croît sincèrement que son poulain peut faire une perf. Mais dans la plupart des cas, les joueurs qui font appel à des sponsors ont avant tout lamentablement échoué au poker, ou ont de gros défauts dans leur gestion de bankroll. C’est le cas par exemple de T.J. Cloutier avec sa tendance à dépenser ses gains au craps. Pour d’autres ce sont les paris sportifs, la drogue, les femmes, voire tout cela à la fois.
L’autre problème majeur du sponsoring privé est qu’il est souvent basé sur des liens amicaux, hors ces arrangements peuvent tourner mal. L’argent n’a pas d’odeur, et il ne fait pas non plus de sentiment. Je connais un joueur de poker professionnel qui a remporté des millions en tournois. C’est un gars on ne peut plus sympa et il est toujours prêt à aider ses amis, notamment en les sponsorisant tournoi après tournoi malgré leur incapacité à produire le moindre résultat dans les tournois où les droits d’entrées leur était offert. Si mon ami ne fait plus attention, bientôt ce sera lui qui aura besoin d’un sponsor !
Il y a un an, j’ai écrit un article pour PokerWorks un article sur les dangers du sponsoring privé. Une des histoires que j’y racontais et celle d’une joueuse de poker attirante qui se servait de son sex-appeal pour inciter des hommes à lui payer ses tournois de poker. Je l’ai récemment observé un afflux de ces sirènes dans divers tournois des World Series of Poker. J’ai regardé ces femmes éblouir les caméras de leur sourire angélique, mais au niveau poker le résultat d’ensemble de cette tribu d’amazones sur ces tournois est proche du zéro absolu. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est, en particulier la nature masculine, fait que les hommes ne pensent pas toujours avec leur bankroll mais souvent avec leur… vous savez quoi. En général ils sont assez naïfs pour s’imaginer qu’en payant un tournoi à ces appétissantes créatures, ils se paieront aussi une bonne tranche de rigolade dans la privauté de leur suite. Désolé d’avoir à vous le dire, mais dix fois sur dix cette jeune vestale ne fait rien d’autre que vous manipuler.Puisque nous sommes sur le sujet du sponsoring, autrement appelé « backing » ou « staking », parlons de joueurs surévalués qui malgré une absence quasi-totale de résultats récents, continuent à faire la une des médias du poker. Je suis inclus dans la liste des coupables, ayant moi aussi tendance à parler des visages les plus connus et des joueurs les plus réputés… quand y pense, il y a de nombreux joueurs qui mériteraient d’être plus exposés médiatiquement. Qu’a fait Antonio Esfandiari récemment ? Pouvez-vous citer une seule de ses performances cette année ? Probablement pas, vu que son dernier gros résultat remonte à la finale EPT Monte Carlo 2008 (8e pour 220.000$).

Cette perf mise à part, Esfandiari n’a posté aucun gain de plus de 40.000$ depuis… Juin 2005 ! 4 ans pour un seul résultat dans un tournoi majeur (et qui n’est pas une victoire, loin s’en faut), c’est peu pour un joueur qui est autant médiatisé, au point d’avoir sa propre rubrique dans un grand magazine. Je reconnais volontiers que c’est un homme charmant et très agréable à regarder jouer, mais son poker laisse à désirer ces derniers temps. Je me demande presque comment il peut encore jouer tous ces tournois. Je parie qu’il a un sponsor…. Un sponsor probablement ruiné. Je pourrais citer au moins une vingtaine d’autres exemples, mais Esfandiari est l’un de ceux qui me choque le plus.
C’est tout pour aujourd’hui ! Je reviendrai demain avec les derniers potins et anecdotes. Aaron Hendrix pour les World Series of Poker 2009 en direct du Rio Hotel de Las Vegas pour PokerWorks : à vous les studios !