Le tournoi à 40000$ a inauguré les festivités en cette année de commémoration du 40ème anniversaire de la création des World Series of Poker, attirant de nombreux représentants des médias et des fans enthousiaste devant le parterre de champions qui leur était proposé. Il n’y eut pas le moindre doute que ceux qui parvinrent en table finale avaient amplement mérité leur place parmi les 201 prétendants au départ du tournoi. La table finale quatre étoiles se composait pour sa part de joueurs comme Ted Forrest, Justin Bonomo, Noah Schwartz, et Alec Torelli. Greg Raymer pour sa part survécut à tous ces joueurs, seuls Isaac Haxton and et le tsar Russe Vitaly Lunkin le reléguant à la 3e place poour un gain de 774.927$ précisément, et de chaleureuses félicitations de la part de ses amis du poker pour superbe finish. Même s’il n’y a qu’un seul bracelet doré, et qu’il ne fut pas pour lui, Raymer conserve un regard rationnel sur son aventure dans ce tournoi et sa carrière de joueur de poker pro en général.
Greg Raymer s’est confié à Jennifer Newell pour PokerWorks pour partager avec nous son expérience quelques jours après la fin du tournoi Event 2.
PokerWorks: Commençons par le NLHE 40.000$. Comment vous êtes-vous préparé pour ce tournoi?
Raymer: J’essaie d’être toujours bien préparé quand je joue un tournoi. La seule difficulté qui me pose réellement un problème c’est la multiplication des gros tournois à l’étranger. PokerStars a des poker tours dans tous les coins du monde. En général cela veut dire que je voyage la veille du tournoi, en traversant de 5 à 16 fuseaux horaires, après ça il est parfois difficile d’être bien reposé. Et si vous n’êtes pas bien reposé, vous n’allez probablement pas jouer à votre meilleur niveau parce que vous n’arriverez pas à rester concentré 10 ou 12 heures. C’est un peu astreignant. Mais sauf élément extérieur hors de mon contrôle, j’essaie d’être toujours bien préparé. Je ne suis pas un fêtard, je ne bois pas ni ne prend de drogue, et vous ne me verrez pas debout toute la nuit dans un night-club, donc au final je suis prêt pour tous les tournois.Pour le $40K, je n’ai rien fait de spécial. J’ai juste fait les mêmes choses que j’essaie toujours de faire – passer une bonne nuit de sommeil, maintenir un certain niveau de concentration pendant le tournoi, et essayer de jouer chaque main aussi parfaitement que possible. J’essaie de prendre les décisions parfaites, ce que je ne vais pas toujours faire, mais en tout cas j’essaie. Après, il ne faut pas non plus s’en faire un monde, juste prendre du plaisir et faire des choix.
PokerWorks: Y a-t-il eu un moment ou vous vous êtes senti particulièrement confiant ou bien positif ?
Raymer: Je suis un matheux, et on m’a souvent posé cette question sur ma victoire au Main Event, à savoir quand est-ce que j’ai su que j’allais gagner. J’ai su que j’allais gagner le Main quand tous les jetons sont partis au milieu et que David a retourné la moins bonne main. Mais quand on a commencé le heads-up, j’avais environ 70% des jetons, et j’ai pensé que j’étais un peu meilleur que lui en no-limit, particulièrement en heads-up. Je savais que j’avais beaucoup plus d’expérience que lui, et donc je pensais vraiment avoir à peu près 80% de chances de gagner à partir de là.
C’est un peu la même réponse pour le $40K. Quand on était plus que trois et que j’avais un tiers des jetons, mathématiquement j’avais une chance sur trois de remporter le titre. Je n’ai cependant pas pensé avoir un avantage significatif sur mes deux adversaires. Tout le monde dans ce tournoi a été très bon. C’est vraiment dur de dire telle personne est bien meilleure que telle autre, et même si c’est le cas, ce n’est jamais de beaucoup. Et il n’y avait aucun joueur inexpérimenté dans ce tournoi. Mes deux adversaires dans le $40K… Même si Isaac [Haxton] est encore jeune, il a joué des milliers de tournois online et a fait des perfs dans plusieurs tournois live, quant à Vitaly [Lunkin], ce n’est pas un gamin, il vient de remporter le premier tournoi du PokerStars Russian Poker Tour, et savait clairement ce qu’il faisait. Je n’avais joué contre lui avant mais j’ai été très impressionné. Même en essayant de me convaincre que j’étais le meilleur en 3-handed, je ne pouvais vraiment pas affirmer que j’étais meilleur de beaucoup. Si j’avais un avantage, il était tout petit.
PokerWorks: Quelle importance avait une victoire dans ce tournoi pour vous ?
Raymer: Oh, c’était important ! Et pas juste parce que cela m’aurait fait un million de dollars en plus. N’importe quel bracelet est d’une très grande importance. Un de mes amis de la Team PokerStars Pro, Jason Mercier, vient juste de gagner un bracelet, et je pense que le premier prix était de 200.000$, ou dans ces eaux-là. Une question intéressante à nous poser si nous faisions un interview en commun serait : si vous aviez le choix, auriez-vous chacun être à la place de l’autre ? Echangerait-il son bracelet pour un demi-million de plus en finissant 3e de mon tournoi ? Ou abandonnerais-je un demi-million pour remporter son tournoi et arriver 1er au lieu de 3e, et prendre le bracelet qui va avec ? Ce n’est pas une question à laquelle je pourrais répondre facilement. Peut-être est-il un peu envieux de l’argent en plus que j’ai gagné, mais moi je suis certainement jaloux du bracelet qu’il a gagné. Même si je ne suis pas prêt à tous les sacrifices pour le gagner, un bracelet compte beaucoup pour moi.
PokerWorks: Avez-vous l’impression de vous mettre la pression pour remporter un autre bracelet, ou ressentez-vous plutôt la pression de la communauté du poker ?
Raymer: Pas vraiment de la pression à proprement parler, mais je n’ai pas eu de gros résultat depuis un moment. Je ne joue pas autant que certains autres joueurs. Certains de mes pairs jouent 200 tournois live par an, mais je n’ai pas le temps de jouer tous ces tournois préliminaires plus les main events. Cela prend beaucoup plus de temps de jouer un tournoi en Uruguay, à Monte Carlo ou en Nouvelle Zélande, par rapport à se rendre à Biloxi, Las Vegas ou Los Angeles. Je ne peux pas faire autant de volume en termes de tournois live, et par conséquent mes chances de remporter une nouvelle victoire sont beaucoup, beaucoup plus faibles que les leurs, peu importe les différences de niveaux.
Il n’y a pas une grande pression de gagner un bracelet, ou du moins je ne la ressens pas, mais j’ai le sentiment d’avoir assez attendu. En ce qui concerne les World Series, je joue autant de tournois que les autres, donc si un grand joueur est supposé gagner un bracelet tous les cinq ans, eh bien alors, je ferais mieux de me bouger parce que je vais être en retard. Mais en gagner un tous les cinq ans c’est même beaucoup demander. Je fais à peu près deux douzaines de tournois WSOP chaque année. Prenez par exemple ce tournoi dans lequel je suis actuellement, le Jeux Mixtes 10.000$. Beaucoup de gens ne le joueront pas parce qu’ils ne savent pas jouer les 8 variantes, et il y a quasiment 200 joueurs encore, de loin les meilleurs joueurs qui existent. Donc même si tous les tournois étaient comme celui-ci, comment je pourrais gagner une fois sur 120 avec autant d’adversaires aussi forts ? Et dans les autres tournois comme le Stimulus Spécial, vous devez battre 6.000 autres joueurs pour gagner le bracelet.
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