C’est la firme PricewaterhouseCoopers qui avait conduit une étude en 2007 dont la principale conclusion est que les Etats-Unis pourraient tirer plus de 4 Milliards $ de revenus en taxes chaque année si l’industrie poker online était mise à contribution. Depuis le passage de la loi intitulée Unlawful Internet Gambling Enforcement Act (UIGEA), mise en application à la dernière minute du mandat de G.W. Bush, toujours plus d’Américains sont venus grossir les rangs des joueurs de poker online. Ce rush continu des Américains vers les tapis verts virtuels a même poussé le cabinet d’audit à mettre à jour ses chiffres de 2007.
La nouvelle étude montre ainsi que les revenus potentiels d’une légalisation du poker online aux USA se montent désormais à 51.9 Milliards $ sur 10 ans, une augmentation de 22% par rapport aux estimations de 2007.
Ces chiffres se basent sur des simulations dont la condition sine qua none est l’adoption d’une loi rendant le commerce des jeux sur internet possibles d’ici Octobre 2009, incluant les termes d’une régulation et donc d’une taxation des revenus du poker online. Ces chiffres étaient disponibles dans la proposition de loi H.R. 2046 du Républicain Barney Frank pour la légalisation du jeu sur internet, ainsi que dans le texte d’un autre Républicain, Jim McDermott, dont la proposition est centrée autour de la taxation des revenus générés par l’industrie des jeux d’argent sur internet.
Le chiffre de 51.9 Milliards $ ne tient pas compte d’éventuelles lois passées par les Etats des USA qui peuvent décider de contrarier une loi fédérale avec un vote local, ni ne prévoit l’arrêt des opérations des circuits professionnels tels que le World Poker Tour. Mais même si tel était le cas, il resterait des dizaines milliards d’ici 2020. En ces temps de crise où une grande majorité de ses concitoyens souffrent financièrement mais doivent néanmoins contribuer en masse au sauvetage d’institutions financières et grandes entreprises, il devient de plus en plus compliqué pour la nouvelle administration d’ignorer cette manne miraculeuse.
La SSIGI (Safe and Secure Internet Gambling Initiative), une organisation qui soutient le mouvement pro-légalisation des jeux online, a été la première a commenter publiquement les résultats de cette nouvelle étude. Son porte-parole Jeffrey Sandman note ainsi que « cette analyse illustre un peu plus clairement que les USA ratent l’opportunité de collecter des milliards de dollars en revenus fédéraux. Nous sommes optimistes quand au fait que l’administration Obama et le Congrès réexamineront avec attention ce problème alors que le gouvernement cherche désespérément de nouvelles sources de revenus qui pourraient être générés sans avoir à lever d’impôts directs afin de financer ses programmes au niveaux fédéral, régional et local. La régulation est aussi nécessaire pour mettre en place des mesures de prévention contre le jeu compulsif, protéger les mineurs, et lutter contre le blanchiment d’argent, la fraude et l’usurpation d’identité. »
Après que l’élu Barney Franck ait affirmé son intention de réintroduire sa proposition de loi devant le Congrès US dès cette année, et peut-être dès ce mois de Mars 2009, les chances de voir le poker online légalisé sont plus grandes que jamais étant donné la dégradation continue due la situation économique en particulier au niveau national. Chaque jour des records de pertes sont battus au pays de l’Oncle Sam, les chiffres de l’emploi sont catastrophiques, la bourse continue de chuter et les grandes entreprises annonce toujours plus de mauvais résultats, parfois au bord de la faillite comme le géant historique General Motors. Au milieu de cet ouragan de mauvaises nouvelles le moindre rayon de soleil est accueilli avidement par tous les acteurs du monde économique. Une solution facile, directe et extrêmement profitable existe, et c’est notamment avec ces arguments que Barney Frank tentera à nouveau de convaincre le Congrès de sa démarche. Une nouvelle législation annulerait de facto la loi UIGEA, une loi pratiquement inapplicable à bien des égards, et permettrait au gouvernement ainsi qu’à ses électeurs de tirer profit d’une des rares industries dans le monde dont les revenus continuent à progresser malgré la crise actuelle.Pour sa part, Sandman de la SSIGI ajoute que « la prohibition actuelle du jeu sur internet a démontré son échec total alors que des millions d’Américains continuent de jouer online chaque jour. Il est temps pour le Congrès de prendre des mesures consistant à reguler et taxer le jeu online pour protéger les consommateurs et s’assurer que les USA reçoivent les milliards de revenus qui lui sont dûs. »
La France attend-elle le feu vert de ses cousins d’Amérique, pour légaliser le poker online ? Annonce après annonce, les joueurs online de l’Hexagone attendent toujours de connaître les termes exacts de la légalisation promise pour cette année par le Président et son Ministre du Budget. La fin du monopole des jeux tel qu’il existe en France, notamment en raison des pressions de l’Union Européenne qui menace notre pays de représailles financières en cas de manquement prolongé, est indispensable à courte échéance, mais un flou épais entoure par les modalités de levée d’un impôt sur les revenus des joueurs de poker online notamment. La fuite de nombreux capitaux issus des jeux en lignes, tant industriels qu’individuels, vers l’étranger rappelle que dans l’Hexagone aussi la situation économique n’est pas tout rose et que l'Etat Français a tout intérêt à libéraliser un marché qui lui échappe en grande partie. Quant aux conséquences financières directes pour les joueurs de poker, comme on dit outre-Alantique, « wait and see »….