Ce 20 Janvier 2009 a vu le grand retour du European Poker Tour en France. L’étape de Deauville était donc la plus attendue de la Saison par tous les joueurs Français qui étaient venus en force tenter de décrocher le précieux bracelet, et l’accueil du Casino Barrière fut à la hauteur des espoirs tricolores, même si avec 5 représentants sur 10 en table finale, la déception fut immense pour les supporters locaux lorsque le titre tomba dans l’escarcelle de l’Allemand Moritz Kranich.
Après une interruption de deux ans due en partie à l’ambigüité des lois françaises concernant le poker, tous les joueurs du circuit étaient plus qu’heureux de revenir à Deauville, une cité balnéaire qui a toujours réservé le meilleur accueil à tous les joueurs, qu’ils soient férus de chevaux, de roulette, ou de poker. PokerStars montrait ainsi son attachement à cette étape historique en retrouvant les bords de la Manche et la bien nommée Côte Fleurie. Avec un droit d’entrée de 5.000€+300€ le Main Event était donc l’occasion pour de nombreux Français de se mette en évidence voire de décrocher une victoire historique, et la quasi-intégralité des joueurs professionnels Français se présenta donc dans ce tournoi avec de grandes ambitions.
European Poker Tour Main Event EPT Deauville 2009 : les joueurs européens répondent présent
Parmi ces derniers, la liste étant trop longue pour tous les nommer, citons tout de même le récent vainqueur du High Rollers du PCA Bahamas et « Joueur de l'Année » Européen, Bertrand ‘Elky’ Grospellier, l’équipe pro Winamax avec à sa tête Michel Abecassis, Antony Lellouche, Ludovic Lacay et Arnaud Mattern, l’équipe Poker770 qui a eu la bonne idée de sponsoriser l’acteur Tomer Sisley, accompagné de leur espoir Tristan Clemençon qui vient de marquer les esprits aux EFOP, mais aussi les pros Fabrice Soulier, Bruno Fitoussi, Rémy Biechel, Roger Hairabedian, Alain Roy, Bruno Fitoussi, et tous les grands joueurs de tournois made in France.
Pour compléter cette armada tricolore, de nombreux joueurs de poker online ont tout fait pour se qualifier, tels que ‘FrenchFish’, ‘Arctarus’, ou encore ‘Sebuxe’ bien connus des internautes et habitués des grands événements puisque souvent présents sur les EPT, que ce soit sur le Main Event ou sur un tournoi annexe.
Il ne faudrait pas oublier les stars internationales qui avaient fait le déplacement malgré une concomitance malheureuse entre EPT Deauville et les Aussie Millions de Melbourne, à l’autre bout de la planète.
On a ainsi pu apercevoir dans les travées du Salon des Ambassadeurs du Casino Barrière les pros bien connus que sont Freddy Deeb, Isabelle Mercier, Dario Mineri, Juha Helppi, Alex Kravchenko, Vicky Coren, Surinder Sunar, Vanessa Rousso, Sebastian Ruthenberg, Jani Sointula, Carter Gill, Eric Haber, Joao Barbosa, et celui qui allait animer et illuminer le Day 1 ainsi que le tournoi High Rollers : Dave Ulliott alias ‘DevilFish’, en grande forme après sa victoire dans le tournoi 5.000€ des séries EFOP.
Enfin, côté « people » les spectateurs ont eu le plaisir d’apercevoir outre l’acteur Tomer Sisley (à l’affiche du film « Largo Winch »), le chanteur du groupe récemment reformé « NTM » Bruno Lopes alias « Kool Shen », et deux blondes incendiaires : l’actrice Alice Taglioni ou encore Virginie Effira.
European Poker Tour Main Event EPT Deauville 2009 Day 1 : des premières journées passionnantes
Le Day 1A connut un beau succès avec 312 engagés dans une journée prévue pour durer sur 8 niveaux, et c’est Jonathan Abdellatif qui à la fin d’une journée très animée menait la danse avec 105.000 jetons. Derrière lui on retrouvait deux membres du Team Winamax très bien placés, Guillaume ‘Johny001’ de la Gorce, et Manuel ‘ManuB’ Bevand, suivis d’Olivier da Silva et Conor Crilly, tous en tête d’un classement comptant 125 survivants.
Le Day 1B confirma la popularité attendue de cet EPT France 2009 avec 343 joueurs portant donc le total de participants à 655 joueurs, parmi lesquels on reconnaissait le champion du monde WSOP 2008 Peter Eastgate, Max Pescatori, Gavin Griffin, Noah Boeken, Luca Pagano, Davidi Kitai, Julian Thew, Jon Van Fleet, ou Maria Mayrinck, outre les noms déjà cités plus haut. Très en verve, Dave Ulliott se retrouvait assis à droite de Tomer Sisley, qui fut plus tard remplacé par Vikash Dhorasoo, ces personnages hauts en couleurs animant la table à tour de rôle. Andrew Black pour sa part célébrait la victoire de Barack Obama avec un tee-shirt à sa gloire, et se montrait intarissable sur le devenir des USA
Le coup le plus spectaculaire eut lieu à 4 mains de la fin de la journée. Dave Ulliott(photo) défiait le chip leader de la table, le Français Yves Brochard, sur un flop
. DevilFish, avec sa malice habituelle, faisait parole au turn
et laissait son adversaire toucher une couleur sur la rivière
! Avec
l’anglais avait trouvé un full floppé imparable qui décavait le Français et montait un très gros tapis de 140.000 sur ce seul coup et prenait la tête du classement des tapis devant Alessio Isaia, un Italien reconnaissable à ses cheveux roses (!), et encouragés par ses compatriotes Daniele Mazzia et Salvatore Bonavona entre autres.
Derrière l’Italien on retrouvait Joep van den Bijgaart et les Français Arnaud Vicente et Otto Richard, tous deux en très grande forme. Pour avoir terminé le Day 2 avec Otto au bar « O2 » du Casino Barriere tard dans la nuit, ce reporter peut vous certifier que la performance du Pro Everest Poker est d’autant plus impressionnante !
European Poker Tour Main Event EPT Deauville 2009 Day 2 : les joueurs entrent dans l'argent
On retrouvait donc 248 joueurs au Day 2 prêts à tout pour terminer dans le peloton de tête et se placer pour le Day 3. Après un début de tournoi sous un ciel chargé, la tempête dévastatrice qui frappait la France épargnait Deauville pour l’essentiel, la seule conséquence visible étant la fermeture par précaution de la terrasse extérieure où les joueurs fumaient leur cigarette ou prenaient l’air pendant les pauses, les fumeurs devant se rabattre sur des cabines exigües mais bien pratiques à l’intérieur du casino. Ceci n’étant qu’un des nombreux petits détails qui prouvent une fois de plus la supériorité des établissements Barriere en termes d’organisations sur leurs concurrents dans l’hexagone. Le personnel quant à lui méritant un 20 sur 20, comme la valeur du billet qui me fut rendu par un vigile qui l’avait vu tomber de ma poche, rajoutant l’honnêteté à la qualité du staff, de haut en bas de l’organigramme.
Ce Day 2 fut relativement paisible, si on excepte les pitreries du facétieux DevilFish Ulliott et les quelques cris intempestifs sur des rivières toujours aussi capricieuses, cris de joies ou d’agonie selon le sort du joueur. Etonnant de maturité pour son premier grand tournoi professionnel, Tomer Sisley fut quelque peu surpris par la fatigue nerveuse que peut générer une longue et difficile partie sur plusieurs jours, mais impressionna tout son monde par son jeu solide et ses bonnes prises de décision.
Les éliminations s’enchaînèrent rapidement en fin de journée, plusieurs chip leaders du Day 1 se faisant sortir prématurément, comme Manuel Bevand sur un squeeze qui ne se passa pas comme prévu sur une table difficile.
La bulle ne fut pas très longue à venir par la suite, et alors que le main-par-main venait à peine de débuter, nous eûmes droit aux commentaires de Thomas Kremser sur le coup qui allait faire rentrer tous les survivants, sauf un, dans l’argent. Un autre joueur d’outre-Rhin qualifié sur PokerStars, Janek Schleicher, avait eu fort à faire avec Dave Ulliott lors du Day 1, et il tenta de monter quelques jetons en envoyant son tapis pré-flop avec paire de 7. Le Français Arnaud Vicente (photo), qui avait failli sortir un peu plus tôt dans la journée, ne pouvait que le payer avec une paire de Rois en grosse blind, provoquant l’explosion de la bulle sur un tableau sans suspense. Plusieurs joueurs pouvaient se féliciter de leur propre tenacité, par exemple Freddy Deeb qui avait tenu le plus clair du Day 2 avec peu de jetons, envoyant son tapis pour doubler avant de se laisser manger par les blindes, puis de recommencer, encore et encore.
Après ce moment toujours un peu spécial, les joueurs se détendirent quelque peu et le jeu s’accéléra. Il ne restait plus que 3 femmes en course pour le titre honorifique de meilleure joueuse (qu’il faudra un jour que les organisateurs pensent à récompenser, ou du moins à signaler…) : deux Françaises, Mercedes Osti et Marine La Bernardie, et une Québécoise la célèbre Isabelle ‘No Mercy’ Mercier. Cette dernière fut une des premières à sortir du tournoi un chèque à la main, et fut suivie par Surinder Sunar (62e) bien heureux d’avoir évité d’être le « bubble boy » comme à l’EPT Monaco 2008 au terme de la bulle la plus longue de l’histoire du European Poker Tour. Freddy Deeb sautait à son tour en 56e place au terme d’un énième coin flip, laissant Moritz Kranich écraser le tournoi avec 517.500 jetons, notamment aux frais du talentueux Guillaume de la Gorce, qui fut forcé de prendre sa chance lors d’une énième bataille pré-flop contre le joueur à sa gauche, un jeune Allemand très en forme depuis le début du tournoi, un certain Moritz Kranich. De la Gorce engageait son tapis avec As-Roi mais tombait sur un monstre Roi-Roi qui le sortait du tournoi à la grande déception de ses amis du clan Winamax.
Au sommet du classement on retrouvait Kranich et juste derrière une grande figure du poker de tournoi Français, Michel Abecassis qui avec 310.000 jetons pointait à la deuxième place, déclenchant une furia de messages de soutiens notamment sur les forums internet où il fait souvent acte de présence.
Derrière lui, un autre Français, plus jeune mais très talentueux aussi, Arnaud Esquevin, puis Joep van den Bugaart devant Bruno Haddad, un joueur fort sympathique et très connu sur les tables de cash game de Paris, en terrain connu puisque c’est à Deauville qu’il a remporté un Barrière Poker Tour et un beau gain de plus de 62.000€, prouvant qu’on peut très bien excelle en cash game et en tournoi.
European Poker Tour Main Event EPT Deauville 2009 Day 3 : le festival des Français
Avant-dernier jour du tournoi, le Day 3 rassembla les 27 joueurs restants sur 3 tables au fond du Salon des Ambassadeurs. Comme d’habitude à ce stade d’un grand tournoi, la zone de jeu fut close et il n’était plus question de circuler entre les tables, même pour les médias accrédités. Dans le dos des joueurs fut dressée une belle table finale, n’attendant plus que les meilleurs d’entre eux pour décider enfin du vainqueur du tournoi Français le mieux doté de l’année. Eric Haber perdit cet espoir lorsqu’il sortit en 25e place, tandis que Michel Abecassis se retrouva assez tôt engagé dans un coup qui allait se révéler assez important pour la suite de son tournoi.
Abecassis tentait un squeeze (une grosse relance pour coucher deux joueurs ayant payé pour voir le flop). Le joueur juste après lui sur-relança alors très fort et Abecassis eut probablement sa décision la plus difficile du tournoi. Réfléchissez, vous avez paire de Valets en mains, on ne respecte visiblement pas votre relance, vous pouvez doubler comme sortir, que faites-vous ? Après une longue réflexion, le pro Français, auteur d’une belle place en table finale du PPT Cannes 2008, décide de passer pour un des plus gros laydowns de cette fin de tournoi, qui malheureusement le placera en position difficile pour la suite. Aucune des mains ne fut montrée bien entendu, mais grâce à une indiscrétion, votre reporter PokerWorks peut vous affirmer que le joueur en face détenait paire de Rois !
Sur la table voisine, Dave Ulliott recommença à martyriser ses adversaires. Ces derniers tentèrent bien de le piéger, mais avec une paire d’As par orbite, l’insolent mais ô combien amusant sujet de Sa Gracieuse Majesté nettoyait sa table plus sûrement qu’un aspirateur à jetons branché sur 100.000 volts. Tout alla bien pour lui, jusqu’à ce qu’il s’emballe un peu trop et finalement ne saute à la 23ème place, un résultat quelque peu décevant tant il avait dominé les premières journées du tournoi, volant « la » vedette aux autres stars présentes tout en conservant son flegme typiquement britannique dans les moments délicats. On l’avait notamment pu s’en apercevoir lorsque survint un incident assez peu banal. Lors du Day 2 l’Allemand Schleicher (« bubble boy » par la suite) avait malencontreusement ramassé une pile de jetons appartenant à Ulliott en même temps qu’un gros pot. Loin de faire un scandale, DevilFish régla la chose entre gentlemen, et reconnaissant qu’il aurait du mieux surveiller son stack, finit par partager la pile en question bien que le tout aurait du lui revenir, un geste de grande classe pour un joueur vraiment hors du commun.
Revenons au Day 3, pour constater que l’Italien Alessio Isaia sauta en 13ème position, rapprochant un peu plus tous les survivants de la table finale prévue pour le lendemain. C’est finalement Jan Meinberg qui se décida à risquer son tapis avec
-
, et Andrea Benelli le payait avec une petite paire de 3, mais qui fut suffisante sur le tableau
-
-
-
-
! « Bubble boy » de la table finale, Wenberg dut donc se contenter de la neuvième place et d’un chèque de 46.400€, et tout le monde put quitter la table pour un repos fort bien mérité.
European Poker Tour Main Event EPT Deauville 2009 Day 4 : des Français.. et un Allemand !
C’est donc huit joueurs qui se retrouvèrent le lendemain pour le Day 4 et la table finale du tournoi. Prévue pour 14H00, puis 15H00, la finale se joua à 14H30 en ce Samedi 24 Janvier, une date historique pour le poker Français, puisque pas moins de 5 de nos compatriotes se retrouvaient en table finale, explosant le record des Italiens qui étaient arrivés à 3 sir la finale de l’EPT Prague 2008. Et la forte représentation française au départ du Main Event ne peut seule expliquer ce tour de force, puisque la France comptait moins de la moitié des joueurs engagés au départ et trustait quasiment 60% des sièges de la finale.
Ce cocorico poussé, inutile de dire que tous comptait bien sur une victoire à domicile, et au vu des talents en question il n’y avait pas de raison particulière d’en douter. C’était certain, nous allions assister à une grande victoire Française dans cet EPT Français, avec notamment beaucoup d’espoir placés dans le jeune joueur de la Team Poker770 Tristan Clemençon, dans un rush exceptionnel depuis les EFOP, et largement en tête du classement des tapis qui se présentait comme suit :
Tristan Clemencon (France) 1.731.000
Moritz Kranich (Allemagne)
1.434.000
Andrea Benelli (Italie)
1.195.000
Jorn Walthaus
(Hollande)
539.000
Arnaud Esquevin
(France)
483.000
Jonathan Azoulay (France)
426.000
Bruno Launais
(France)
402.000
Thomas Delatte
(France)
233.000
Malgré sa situation précaire, Delatte prenait le premier pot de la finale avec un tapis pré-flop sans payeur mais qui donnait tout de suite le « la » pour le reste de la partie. Au cœur d’une couverture médiatique exceptionnelle sous la forme d’une retransmission télévisée (en différé de trois heures) sur NRJ12, une chaîne gratuite de la TNT. Ajoutez à cela la forte présence des amis et supporters des Français en finale et vous comprendrez que nous avons vu par le passé des finales à l’ambiance plus feutrée, mais cet enthousiasme général et cette passion dans les rangs des spectateurs ne peuvent que servir le poker en général dans un pays où il est encore et toujours considéré comme l’apanage des gangsters de tripots, alors que ces grandes compétitions se rapprochent de plus en plus d’une ambiance sportive bien que toujours fair-play.
Quant au jeu en lui-même, il se poursuivit sans heurt pendant une demi-heure, jusqu’à ce que Delatte encore lui, paie avec As-10 le tapis pré-flop de Bruno Launais, qui détenait pour sa part As-Roi. Il crut au miracle sur le flop 9-8-Q, mais il n’y eut point de Valet ou de 10 par la suite, et Thomas Delatte fut le premier éliminé, 8e de la table finale, emportant 77.400€ pour sa huitième place.
Esquevin lui aussi n’était pas au mieux en terme de jetons, mais il réussit à doubler contre Kranich pour rester dans la partie, avant de se retrouver avec As-Roi en main face à Launais et son As-7 dépareillé. Le Roi au flop coupait court à tout suspense, et Bruno Launais sortait en 7e place, empochant 103.800€ de prix.
Jorn Walthaus, discret jusqu’ici dans la finale, poussa son tapis avec As-2 et une nouvelle fois c’est As-Roi qui fut révélé en face, cette fois dans les mains de Clemençon, et le tableau ne changea rien, renvoyant le Hollandais à la maison avec une 6e place d’une valeur de 142.400€.
Un peu plus tard, Azoulay décida de pousser à son tour son tapis avec Valet-8. Benelli le paya avec As-2, et le Valet au flop fut anéanti par l’As qui suivit, Benelli prenant le pot et poussant un Français de plus vers la sortie, Jonathan Azoulay terminant ainsi 5e pour 182.700€.
La partie à quatre pouvait commencer et Andrea Benelli, désormais chip leader avec 2.61 Millions juste devant Clemençon (2.6 Milllions), Kranich et Esquevin survivant autour de 650.000 jetons. Benelli et Clemençon bataillèrent alors sur un gros pot de 2.4 Millions qui fut enlevé par le Français. Puis l’Italien perdit un autre coup contre Esquevin, ne gardant que quelques jetons devant lui. Il envoya donc ce qu’il lui restait avec
-
et se retrrouvait payé par les deux Français, qui faisaient parole sur le flop
-
-
. Sur le
du tournant, Esquevin misait et son adversaire couchait sa main, tandis qu’il dévoilait un Roi qui avait fait brelan, éliminant Andrea Benelli à la 4e place pour la rondelette somme de 219.800€.
Le jeu ralentit un peu, jusqu’à ce qu’un joueur fut forcé de quitter la table. Clemençon, ayant perdu beaucoup de pots et l’essentiel de son tapis dans l’heure qui suivit la sortie de Benelli, il se retrouva avec à peine 100.000 jetons et les poussa avec Valet-2 dépareillé, se retrouvant en tête à tête avec Esquevin qui avait fait coucher Kranich sur le flop hauteur 10. Esquevin retournait 8-10 et le rush de Tristan Clemençon s’arrêtait là, pour une superbe 3e place d’une valeur de 284.800€, une somme qui lancera définitivement une prometteuse carrière.
Le tête à tête commença donc avec un gros avantage pour Kranich, même si au poker rien n’est jamais totalement fini avant la fin : « one chip, one chair », et Esquevin en avait assez pour remonter la pente avec un ou deux bons coups.
Les deux derniers prétendants à la victoire s’échangèrent leurs jetons pendant une heure, le plus agressif post-flop emportant souvent la mise. Malgré ses efforts, Esquevin ne put faire mieux que maintenir son tapis, avant de le pousser avec As-3 qui trouvait A-7 chez l’Allemand qui avait eu raison de payer. 9-10-6-5-A fut donc les dernières cartes de ce Main Event EPT Deauville 2009, attribuant à Arnaud Esquevin une brillante mais frustrante 2e place dont il se consolera vite avec le magot de 495.000€ qui venait avec.
Quant à Moritz Kranich, pas le plus démonstratif des vainqueurs mais un beau vainqueur tout de même, il aura su alterner agressivité et solidité pour éliminer plus de 650 adversaires,remporter l’EPT Deauville, le bracelet, les deux trophées, et bien sûr les 851.000$ de premier prix.
Fana de poker mais aussi de football, Kranich ira peut-être voir le club de sa ville, le Hamburg SV, ou peut-être garnira-t-il sa bankroll de poker online où il officie sous le nom de « catenaccio » (rien à voir avec son style de jeu assure-t-il) et avec talent d’ailleurs, comme les prouvent ses récentes performances :
64.800$ sur le 300.000$ Garantis sur PokerStars en Mai 2008, 32.361$ sur le 50K Garantis de Full Tilt Poker, et 77.900$ en finissant 3ème du WCOOP 2nd Chance à 1.050$, une limite habituelle pour lui en tournois multi-tables sur internet.
C’est bien sûr en se qualifiant sur internet que Kranich a pu entrer sur un tournoi qu’il a remporté haut la main. Gageons que nous le reverrons avant longtemps. Il fut alors temps pour tous de quitter l’arène, les joueurs Français fêtant jusque tard dans la nuit normande une belle performance d’ensemble. Loin de conclure cette belle semaine de poker, le Main Event fut suivi par deux autres beaux tournois, le Barrière Poker Tour 1.500€ et le High Rollers à 20.300€ . Rendez-vous est pris pour l’année prochaine, les organisateurs assurant que le EPT Deauville 2010 est une affaire en train de se conclure, et des bruits courent sur un accord à long terme pour dix années d’EPT France, une perspective qui réjouira tous les participants à cette édition 2009 qui restera dans les mémoires.
Restez collé a l'actualité du poker et suivez tous les tournois dans le monde en consultant Tous les tournois de poker