L’Amérique est parvenue au sommet de cette saison politique qui revient tous les quatre ans. Au moment de décider pour qui voter, les Américains ont tendance à se porter sur le candidat qui partage le plus possible leurs points de vue, mais pour les joueurs de poker qui doivent choisir entre le Démocrate Barrack Obama et le Républicain John McCain, ce choix est loin d’être évident. En effet aucun des deux candidats n’ont évoqué l’UIGEA (Unlawful Internet Gambling Act) ou leur sentiment sur le sujet, que ce soit pour ou contre cette loi fédérale qui rend illégal le poker online pour les citoyens Américains. Certes, demander aux candidats de mettre le poker sur leur liste des priorités post-élection est quelque peu utopique. Etant donné le climat économique actuel ils peuvent même se demander qui se soucie réellement du poker après tout ? La réponse est "tous ceux qui jouent", et ils sont des millions à travers ce grand pays que sont les Etats-Unis d'Amérique.
Barrack Obama le "Serré Agressif"
De tout ce qui qu'on peut lire sur les candidats, il ressort de façon évidente que le candidat Démocrate Barrack Obama aime bien jouer au poker. James McManus, auteur de « Positively Fifth Street », a écrit à propos des qualités de joueur d’Obama dans le magazine New Yorker : “Obama n’a jamais joué pour des enjeux élevés. Il n’y a vraiment qu’au cours d’une très mauvaise session qu'il pourrait perdre 200$ au jeu, ses gains ou pertes normales avoisinant plutôt les vingt-cinq dollars.»
Un ami joueur décrit Obama comme un joueur « calculateur », évitant les tirages lointains et attendant patiemment une bonne main de départ. Et l’ancien sénateur Larry Walsh de confirmer : « Quand Barack entre ou reste dans un coup, vous être presque sûr qu’il a une bonne main.»
Sentiment partagé par le sénateur Terry Links, organisateur et hôte de parties hebdomadaires à son domicile avec la participation d’Obama. Selon Links, « Quand il était un jeune politicien en Illinois, Barack Obama jouait ses cartes correctement. Il avait un visage de marbre et ne s’acharnait pas à rester dans un coup s’il ne pensait pas avoir une bonne chance de le gagner.»
Ne pas se mettre dans une situation où on ne pense pas pouvoir gagner semble être une qualité indiscutable pour un président. Mais de là à en tirer des conclusions quant à l’action d’Obama par rapport à l’UIGEA, c’est une toute autre question.
Le journal britannique Sunday Telegraph a interviewé le joueur pro Andy Bloch à propos des candidats à la présidence. Bloch livre ainsi ses pensées : « Il y a beaucoup de qualités propre au poker qui pourraient aider le chef de l’exécutif. Au poker vous devez vous mettre dans la peau de vos adversaires et dans leur tête pour deviner leurs pensées ; ce que leurs actions signifient ; ce qu’ils pensent de vos propres actions ; et savoir reconnaître un bluff. Une des raisons de notre engagement dans la guerre en Irak et le fait que George W. Bush ne réalise pas que Saddam Hussein était en train de le bluffer, représentant de la force alors qu’il n’avait en fait aucune arme de destuction massive. »
John McCain le "Gambleur"
Pour sa part, le candidat Républicain John McCain a donné clairement son avis en voulant bannir toutes sortes de paris sportifs et en faire un délit. En ce qui concerne les jeux de casino, McCain a un penchant bien connu pour le craps, mais ne fait pas mention de ses opinions sur le poker. Evoquant un président aimant les coups de dés, Bloch est plutôt circonspect : « Vous êtes toujours désavantagé au craps. Ca devient un problème si vous avez un leader qui croit qu’il peut battre le hasard. Vous ne voudriez pas qu’il joue aux dés avec l’économie. »
Anthony Holden, journaliste britannique et joueur de poker, a écrit : « Nous les joueurs ne considérons pas le poker comme un jeu de loterie. C’est un jeu d’adresse. Le craps est un jeu absurde basé uniquement sur la chance. Vous pouvez gagner des coups excitants mais seuls les fous jouent au craps. »
Un tournant pour l'avenir du poker?
Etant donné l’état désastreux des marchés financiers, les banques qui coulent, les grandes entreprises qui s’effondrent, les gens qui perdent leurs emplois et leurs maisons, il paraît douteux que le statut du poker online n’effleure les pensées du président élu. Pour ce qui est de la géographie des défis qui attendent le prochain président des Etats-Unis, le poker n’est même pas sur la carte. C’est un constat compréhensible mais bien triste pour les joueurs de poker que nous sommes : la confusion règne sur l’avenir du poker online et sur ce que sera la politique du prochain président envers le poker.
D’autres Etats suivront-ils l’exemple absurde du Gouverneur du Kentucky ? Et si oui, parviendront-ils à leurs fins ? Une chose est sûre, les sites de poker online qui n’ont pas abdiqué et sont prêts à se battre, méritent notre soutien. Alors que certaines salle de poker online ont d’ores et déjà fermé leurs portes aux joueurs Américains, d’autres sites comme PokerStars, Full Tilt Poker ou encore Bodog Poker méritent tous de nous avoir comme clients simplement pour leur refus de courber l’échine.
Tant qu’il y aura des sites de poker assez courageux pour continuer à accueillir les joueurs des USA, ces derniers joueront et exerceront ce qu’ils considèrent comme une liberté personnelle, et un droit à part entière.