Jouant sérieusement au poker depuis 2006, le jeune Canadien Matt Kay, tout juste âgé de 20 ans, est une des étoiles montantes du poker. Déjà vainqueur de plus d’$1,3M sur les différentes salles de poker en ligne, ‘ch0ppy’ parcours actuellement le circuit internationale (hors Etats-Unis) en attendant de souffler sa 21e bougie en juin 2009.Katie Lindsay : Comment as-tu commencé le poker ?
Matt Kay : A la maison avec des amis. J’ai trouvé ça plutôt sympa. J’avais beaucoup de chance au début, et mes amis et mois étions assez naïfs. J’ai décidé que je voulais devenir meilleur et battre mes camarades, donc j’ai commencé à pratiquer sur Internet en argent fictif. Par la suite j’ai testé les parties d’argent réel, et après quelques victoires en tournois tout s’est enclenché.
KL : Quelle a été ta vitesse de progression ?
MK : En décembre 2006 j’ai remporté un tournoi à $10, puis la semaine suivante un SNG 180 joueurs à $22, pour des gains respectifs de $1,300 et $1,100. Je me suis alors mis au cash game et j’ai réussi à monter ma bankroll de $8,000. A l’époque cela représentait énormément pour moi, donc j’étais très heureux. S’en est suivi une mauvais passe, j’ai retiré mes gains, effrayé à l’idée de tout perdre. J’ai repris le poker un peu plus tard, principalement en cash game, avec des tournois à l’occasion. En Septembre 2006 j’avais fait ma rentrée dans une université de l’Ontario, lieu où je vis aujourd’hui. Là-bas j’y ai rencontré mon ami Mike ‘Timex’ McDonald (vainqueur de l’EPT Dortmund 2008 à 18 ans pour un gain de 933,600€). A ses côtés j’ai appris beaucoup au sujet des tournois. Janvier 2007 fût la révélation, je remporte le Sunday Million sur PokerStars. Dés cet instant les choses sont réellement devenues sérieuses.
KL : Qu’as-tu ressenti en remportant l’un des plus gros tournois online ?
MK : J’étais très excité. J’ai joué des $10 rebuys satellites et remporté la moitié de mes tentatives, ce qui m’offrait plusieurs sièges. Habituellement je prends l’argent car ces tournois rebuys sont faciles. Dans un premier temps j’ai aussi participé au Sunday Warm Up, avec une bonne réussite. Je n’ai pas été payé mais en jouant j’avais ce sentiment de bien-être, donc j’ai voulu prendre ma chance au Sunday Million. Je l’avais déjà tenté huit fois auparavant, mais non de façon régulière. Ma stratégie se basait sur une très grande agressivité, relançant et sur-relançant la majorité des coups. Cependant ça ne marcherait plus aujourd’hui, tout le monde est si agressif. Mon parcours s’est bien déroulé jusqu’à ce que l’on ne soit plus que 64. Ma position à ce moment là était 63e…mais j’ai gagné plusieurs mains qui m’ont conduit au top du classement, puis à la victoire.
KL : Pourquoi n’as-tu pas fait de deal ?
MK : Je n’y ai pas réellement pensé. Je me débrouillais plutôt bien en finale, je sentais avoir un avantage. Ma bankroll était aux alentours de $10,000 ou $20,000, donc n’importe quelle place m’aurait été très bénéfique.
KL : Comment étais-tu en finale ? Nerveux ou excité ?
MK : Nerveux et excité. J’étais en colocation donc j’avais dix personnes autour de moi qui me supportaient. Après ma victoire nous sommes sortis manger une énorme pizza, boire des bières et bien entendu nous avons fait la fête toute la nuit.
KL : Quand as-tu réalisé que le poker devenait plus qu’un simple plaisir ?
MK : Juste après le Sunday Million. J’ai commencé à jouer beaucoup plus, j’essayais d’être présent chaque dimanche. Je suis toujours à l’université à ce moment. L’été approche et je commence à envisager la suite de mes études. Mes résultats sont bons, je gagne pas mal d’argent, mais pas suffisamment pour envisager d’attaquer le circuit Live, donc je remets mes projets en questions. J’avais déjà joué 14 événements à $5,000 de buy-in ou plus mais sans grands résultats.
KL : Comment te sens-tu en Live ?
MK : Ce n’est pas si différent que sur Internet. Je dirais même que les joueurs sont plus mauvais, et les mises ne sont pas les mêmes.
KL : Beaucoup de joueurs online ne sont pas très doués sur la lecture de l’adversaire. Selon eux cet aspect est secondaire. Es-tu dans une optique identique ?
MK : Oui pas mal. Je connais quelques principes de base, sur la façon de miser par-exemple et ce que cela engendre comme comportements.
KL : Qu’est-ce que tes parents pensent de ton activité de joueur ?
MK : Ils ont commencé à me suivre après que j’ai gagné le Sunday Million.
KL : Es-tu anxieux d’avoir tes 21 ans, âge légal pour entrer dans un Casino aux Etats-Unis ?
MK : Oh oui. J’en ai marre de constamment voyager à travers l’Europe. Tout est si hors de prix ! C’est exaspérant. Par-exemple à Monte Carlo j’ai payé 6€ pour une minuscule tasse de café, c’est pénible.
KL : Quels sont tes futurs plans au sujet du poker ?
MK : Je souhaite gagner toujours plus d’argent, et pourquoi pas ouvrir mon propre restaurant ou affaire commerciale. J’adore vraiment le restaurant Denny’s. Cependant le plus proche est à 100km d’où je vis, donc en mettre un à proximité serait une bonne idée. Seulement dans un premier temps j’ai besoin d’engranger les dollars. Je continue toujours de jouer même si en ce moment je traverse une période frustrante avec des résultats médiocres. J’essaye de m’améliorer en espérant que le vent va tourner dans pas longtemps.
KL : Comment gères-tu les mauvaises passes ?
MK : Je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est que je suis souvent en bénéfices et que j’espère arriver un jour à un autre gros résultat.
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