Triple finaliste aux WSOP 2007, Tom Schneider se payera le luxe de repartir avec deux bracelets et le titre de joueur de l’année des World Series Of Poker. Toutefois 2008 est une autre tasse de thé. Avec cinq places payées dont une table finale, les résultats sont là mais laissent de marbre le double champion du monde.Il reconnaît avoir effectué un beau parcours, mais ses $160K de gains ont peine à compenser la totalité de ses buy-ins ainsi que ses pertes multiples en cash game high stakes. Le coup de massue final viendra au Day 1D du Main Event où Tom sortira prématurément avant la pause dîner.
Inévitablement il risque de fortement se remettre en question dés son retour chez lui en Arizona. Toutefois cela reste vague la manière avec laquelle la communauté poker va percevoir son parcours en tournois sur le court terme. Les WSOP touchant à leur fin, Tom Schneider a subi une telle déception qu’il compte revoir ses perspectives d’avenir sur le circuit. Sa fréquence de jeu risque tout du moins d’être fortement ralentie. Il projette même de réintégrer le monde des affaires à cause des nombreuses opportunités qui se sont présentées à lui ces derniers temps.
L’interview suivante a été réalisée avant sa participation au Main Event.
Jennifer Newell : Au vu de ton manque de réussite globale sur l’ensemble des World Series, comment te sens-tu à l’approche du Main Event ?
Tom Schneider : J’ai pris une pause pour rentrer chez moi. Je suis ici depuis trente jours, j’ai besoin de souffler pour penser à autre chose, régler quelques trucs personnel. Je suis très attaché à la gestion de mes affaires, mais j’en avais besoin pour rester au mieux de ma forme à Las Vegas car je voulais participer à beaucoup de tournois. En insistant inutilement je me faisais du mal donc ce break de quelques jours m’a vraiment été bénéfique.
JN : Projettes-tu d’appliquer une stratégie particulière ou vas-tu jouer comme tu as l’habitude de le faire ?
TS : La seule chose sur laquelle je vais me concentrer davantage est l’analyse des joueurs à ma table, parce que je pense qu’il y a tellement de raisons différentes pour lesquelles les gens viennent participer à ce tournoi. Connaître ces raisons peut s’avérer très utile. Par-exemple j’ai deux amis, Karridy et Steven, qui jouent et ne veulent pas devoir à appeler leur femme pour leur dire qu’ils viennent de sauter dés le premier niveau. Leur femme ne jouent pas au poker, et leur expliquer est difficile. Les motivations sont donc différentes pour chacun.
JN : Tu préférerais avoir des professionnels à table ou des vainqueurs de satellites ?
TS : Je pense que chaque table risque d’être bonne le premier jour. Chaque table sera sûrement composée du type qui vient ici pour tenter sa chance. S’il y en a trois ou quatre à ma table ça ne m’inquiète pas.
JN : Peux-tu nous parler de tes projets de mettre le poker de côté suite à ton résultat au Main Event ?
TS : J’ai plusieurs ouvertures possibles, surtout dans le monde des affaires. Je crois que les parties high stakes vont devenir de plus en plus difficile, surtout qu’il y a peu de parties disponibles. Je comptais vivre du poker, mais cette idée s’amenuise avec le temps. Voyager pour des tournois est quelque chose que je ne veux pas faire. Je suis très frustré d’avoir à me déplacer pour finalement sauter au bout de deux heures et devoir reprendre l’avion, et ce même si j’ai bien joué. Il faut une certaine personnalité pour aimer voyager au gré du circuit, et surtout aimer le faire. Je vais sans doute continuer à jouer quelques tournois en Californie et à Las Vegas à cause de la proximité. Mon ambition vis-à-vis des WSOP est de jouer un maximum d’événements. Néanmoins si je vois que cela se passe mal, l’année suivante je ne jouerai que les tournois qui me font envie, car de plus je pense avoir un gros avantage sur la plupart des joueurs.
JN : Donc à l’heure actuelle tu penses avoir un avantage ?
TS : Oui en effet. Il y a tellement de joueurs ici qui n’ont pas leur place. Ce n’est pas qu’ils ne devraient pas être ici, mais ils n’ont pas de talent. Les WSOP sont sûrement la compétition où il y a le plus de ‘dead money’ (lorsqu’un joueur faible arrive à une table on dit que son argent est ‘mort’ car il va la plupart du temps le perdre aux profits d’adversaires plus aguerris). Bien sûr, tous les bons joueurs sont ici chaque année, mais dans l’ensemble il y a toujours beaucoup de novices venus ‘distribuer’ leur argent.
JN : Ton but est d’être dans les neuf derniers en novembre ?
TS : C’est mon objectif. Vous savez, tout le monde a de grandes espérances, mais avec autant de joueurs au départ, je viserai tout d’abord le Day 2. Non dans la mesure où j’imagine faire beaucoup d’erreurs, mais survivre est réellement la clé au No Limit Hold’em, parce que tout peut basculer d’une seconde à l’autre. Bien évidemment tout le monde veut gagner, mais je crois que les objectifs doivent dans un premier temps être minimes afin qu’ils soient facilement atteignables.
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