Quelque soit la discipline, il y a toujours une idole, un héros, un champion, une figure emblématique à qui l'on s'identifie. Le basket-ball a connu Michael Jordan, comme le football a connu des légendes telles que Pelé, Diego Maradona,...Le poker à l'heure actuelle voit l'émergence de nombreux talents. Qu'ils viennent d'Internet ou du Live, ces prodiges représentent une génération, un style, une façon d'être. Doyle Brunson, Johnny Chan, Stu Ungar, ce sont tant de noms qui ont brillé par leur capacité et amasser des titres de Champions. Avec les années, ces joueurs laissent place à une nouvelle déferlante de génies. Surnommé le ‘Tiger Woods' du poker, Phil Ivey symbolise à la perfection ce renouveau.
L'homme qui a gagné cinq bracelets WSOP avant son trentième anniversaire. Polyvalent, humble, qui contrôle ses émotions mieux que quiconque, Phil Ivey est considéré maintenant depuis 6 ans comme le meilleur joueur de la planète. Cette appellation semble évidente au vu des performances qu'il réalise chaque année. Que ce soit en tournoi ou cash game, sa seule présence à la table a le don d'effrayer. Howard Lederer a dit de lui un jour : « il est vraiment incroyable, c'est indescriptible, il joue chaque main comme s'il avait des As. »
Fort d'une confiance inébranlable, Phil Ivey affirme : « quand je suis à mon meilleur niveau, il n'y a que moi qui peut me battre. »
Vous l'aurez compris, à 32 ans, Ivey a encore de belles pages à écrire.
Chaque année se tient les Aussie Millions, et en cette occasion les plus grandes stars internationales sont invitées afin de participer à l' ‘Aussie Millions Inivitational Cash Game', une partie d'argent à gros enjeux. Nous sommes en 2007, et le coup oppose Phil Ivey, David Benyamine et Patrik Antonius.
La variante est du No Limit Hold'em, les blinds sont à $300 / $600 avec des antes à $100. Le pot affiche d'entrée $1,700, tout le monde se couche jusqu'à Antonius qui avec 9-9 relance de $2,000. Benyamine avec 10-10 sur-relance de $7,000, offrant ainsi un pot de $10,700. Le suivant est Phil Ivey, qui avec 6-4 dépareillés rajoute $24,700 ! Erick Lindgren se couche, Antonius fait de même mais Benyamine paye, le pot est à $53,400.
Le flop vient : K-9-J, Antonius vient malheureusement de rater son brelan. Ivey applique la stratégie du ‘continuation bet' et décide d'attaquer en misant $37,000. Benyamine réfléchi un moment puis se couche. Ivey ramasse un pot de $90,400, et se marre en disant « j'avais vraiment une grosse main. »
Dans un coup comme celui-ci on observe l'importance de la position à la table, l'image que l'on donne aux autres, et surtout le courage pour oser n'avoir peur de rien dans un poker qui récompense la plupart du temps la témérité et l'audace.